"En accord avec la décision de l'Union africaine sur la Libye, nous réitérons notre appel à un cessez-le-feu immédiat et vérifiable pour encourager les parties en guerre à entamer le dialogue en vue d'une transition démocratique", a-t-elle dit devant le Parlement au Cap.
"Nous sommes certains que la solution au problème libyen ne peut pas être militaire, mais doit passer par un dialogue politique", a poursuivi la ministre.
Le président Zuma a rencontré lundi le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pour discuter d'une "feuille de route" établie par l'UA, qui prévoit un cessez-le-feu, l'arrêt des bombardements de l'Otan et l'instauration d'une période de transition conduisant à des élections démocratiques.
Le colonel Kadhafi s'est dit "prêt à mettre en oeuvre" ce document, a ensuite indiqué Jacob Zuma.
En revanche, la "feuille de route" a été rejetée par le Conseil national de transition (CNT), l'organe de direction de la rébellion, qui refuse de dialoguer tant que Mouammar Kadhafi est au pouvoir.
Inspirée des révoltes en Tunisie et en Egypte, une insurrection armée s'est déclenchée en février en Libye pour réclamer le départ du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969. Son régime a rétorqué par une répression féroce.
Le 17 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution qui a autorisé l'usage de la force pour protéger les civils libyens. La coalition menée par l'Otan a reconnu depuis vouloir précipiter la chute de Mouammar Kadhafi.
L'Afrique du Sud, membre non permanent du conseil de sécurité, avait voté en faveur de la résolution, avant de regretter la manière dont elle est mise en oeuvre et s'opposer "à la doctrine du changement de régime".
Jacob Zuma s'était déjà rendu à Tripoli le 10 avril avec une délégation de haut niveau de l'Union africaine pour négocier une trêve.
La nouvelle initiative diplomatique de Pretoria intervient alors que l'Otan a intensifié ses bombardements sur Tripoli dans le but de porter le coup décisif au régime.
Avant la visite, des sources anonymes à la présidence avaient affirmé à l'AFP que Jacob Zuma souhaitait discuter "d'une stratégie de sortie" avec Mouammar Kadhafi.
Aucune information n'a filtré à ce sujet.
L'Afrique du Sud a été évoquée dans la presse comme un lieu d'exil possible pour le leader libyen s'il acceptait de quitter le pouvoir.
"De manière prévisible, l'Afrique du Sud a été mentionnée comme un paradis potentiel pour le dictateur", écrivait mardi dans un éditorial le quotidien The Times, en rappelant les liens historiques entre les deux pays.
La Libye a financé la lutte du Congrès national africain (ANC), le parti de Jacob Zuma, contre le régime raciste d'apartheid, tombé en 1994, et a réalisé d'importants investissements dans le pays.

