Au sujet de la demande du général Aoun de déférer le général Achraf Rifi devant le parquet militaire, Harb a déclaré qu'il est du droit de chacun de réclamer ce qu'il veut, mais la justice doit suivre son cours. Nul n'a le droit de prendre sa place et de s'instaurer procureur. Il a aussi affirmé qu'à l'heure actuelle, il serait bon de ne pas jeter de l'huile sur le feu et que les ministres qui sont démissionnaires évitent de provoquer de nouveaux problèmes. Pour Harb, les ministres doivent éviter de provoquer des secousses qui ont pour principal objectif d'augmenter l'état de désespoir du peuple. « Dans mon ministère par exemple, je ne cherche pas à résoudre les problèmes en suspens, a précisé Harb, mais à gérer les affaires courantes dans un esprit positif pour que le ministre qui sera désigné à ce poste et qui bénéficiera de la confiance du Parlement puisse se consacrer aux questions importantes. »
Tout en précisant qu'il ne souhaite pas défendre une partie contre l'autre, Boutros Harb s'est demandé quel bénéfice a retiré le ministre des Télécommunications de son action et pourquoi il a choisi ce timing pour agir alors que les équipements sont entre les mains d'Ogero et sont enfermés dans un étage sans être utilisés.
Boutros Harb a encore déclaré que toutes les parties libanaises sont d'accord pour préserver le secteur bancaire. Selon lui, on peut recourir au Parlement dans les cas extrêmes, lorsque l'exécutif n'est pas en mesure de prendre des décisions vitales pour le pays. Mais il a ajouté que cela doit rester une exception par respect pour le principe de séparation des pouvoirs. Il a ajouté qu'il existe plusieurs idées pour les situations exceptionnelles comme celle de demander au gouverneur de la Banque centrale de continuer à assumer sa fonction jusqu'à la nomination de son remplaçant, ou alors de prolonger son mandat jusqu'à la formation du nouveau gouvernement. « Personnellement, a-t-il dit, je préfère le recours aux décrets itinérants qui obtiendraient les signatures de tous les responsables concernés sans qu'il y ait une réunion du gouvernement. » Selon lui, si toutes ces possibilités échouent, on pourra alors recourir au Parlement.
Le mufti Kabbani a reçu d'autres visiteurs dont une délégation du Courant arabe présidée par Chaker Berjaoui.

