M. Gemayel, qui a reçu le ministre chypriote des Affaires étrangères, Marcos Kyprianou, s'exprimait devant la presse à la suite de cette rencontre.
« Ce qui s'est passé dernièrement au ministère des Télécoms va au-delà des regrettables incidents que nous avons vus. Ce qui est douloureux, c'est le vide destructeur qui s'installe dans nos institutions nationales et cela influe sur le système libanais tout entier, car les conflits au sein des institutions se répercutent sur l'État libanais en tant qu'entité », a-t-il déclaré.
« Cette crise qui survient dans la foulée du problème gouvernemental, nous l'envisageons sous un angle global, et pour cela nous craignons pour l'avenir du Liban », a-t-il ajouté. « C'est pourquoi nous avons proposé la formation le plus tôt possible d'un gouvernement de salut national qui regrouperait la plupart des leaderships. Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a tenu des propos positifs dans son dernier discours lorsqu'il a réclamé un cabinet d'union nationale. Nous aimerions qu'il aille plus loin et qu'il en persuade ses alliés », a-t-il dit.
Sans se prononcer sur le fond de l'affaire des Télécoms, M. Gemayel a déploré que certains « se soient permis d'en arriver là sans se donner le temps de traiter le problème avec sagesse et pondération pour épargner au Liban ce genre de secousses ».
« Les faits sont contradictoires. Qu'on nous dise clairement au moins ce qui s'est passé. Comme citoyen ordinaire, je suis triste de voir cela, quel que soit celui qui a raison », a-t-il lancé.
« Je ne sais pas si (le ministre sortant de l'Intérieur) Ziyad Baroud boude ou pas. J'ai appris qu'il s'est réuni avec le chef de l'État pour traiter le problème. Tout dans ce pays est brouillé. Personne ne sait où est la vérité et cela ajoute au caractère tragique de la situation », a-t-il encore dit.
Prié de commenter la convocation des députés à une séance plénière le 8 juin par le président de la Chambre, Nabih Berry, M. Gemayel a déclaré : « Notre position est claire. Nous sommes pour que le Parlement reste ouvert en toutes circonstances. Il est normal que la Chambre se réunisse et soit un lieu de dialogue entre tous les Libanais. »
Il a toutefois mis en garde contre le fait que cette séance ne soit « le prélude à une confusion dans les prérogatives » des uns et des autres. « Si le Parlement va empiéter sur le pouvoir exécutif, demain l'exécutif pourra aussi, comme par magie, s'occuper de questions législatives. La confusion entre l'exécutif et le législatif constitue un danger pour l'avenir des institutions libanaises », a-t-il souligné.
Il a indiqué que l'expérience libanaise donne des solutions, comme la tenue extraordinaire d'un Conseil des ministres avec un ordre du jour réduit, destiné à prendre des décisions dans des affaires urgentes, ou alors le procédé des décrets itinérants qui avait été utilisé sous son mandat présidentiel, dans les années quatre-vingt.

