L'offensive n'a pas tardé : dans une lettre au procureur de New York, Cyrus Vance, Me Brafman et William Taylor, un autre avocat de M. Strauss-Kahn, dénoncent les fuites faites selon eux dans les médias par les services de police. Mais les avocats, qui ont mis plusieurs détectives privés sur l'affaire, annoncent également détenir des éléments contre la femme de chambre de l'hôtel Sofitel de Manhattan à l'origine des accusations contre DSK. La lettre des avocats de DSK fait encore monter la tension autour de cette affaire, à quelques jours de l'audience du 6 juin, où DSK doit dire s'il plaide coupable ou non coupable.
Mais si Me Brafman est un des avocats pénalistes les plus recherchés de New York, le procureur Vance est un adversaire de choix et sa réplique a été immédiate. Son bureau s'est ainsi dit « troublé » par les affirmations des deux avocats. « Nous ne sommes pas au courant de telles informations (...) et si vous souhaitez que nous enquêtions sur quoi que ce soit concernant cette affaire, nous serons heureux de le faire », écrit une adjointe du procureur, Joan Illuzzi-Orbon.
Parallèlement, Nicolas Sarkozy est sorti hier de sa réserve sur l'affaire Strauss-Kahn, à l'issue du sommet du G8, en évoquant une affaire « triste » et en dénonçant les « propos choquants » de certains responsables en France sur ce sujet. C'était la première fois que M. Sarkozy, interrogé par la presse, s'exprimait sur cette affaire. « Je me suis abstenu de prendre parti », a-t-il insisté, en évoquant « tous les procès qui (lui) seraient faits quoi qu'(il) dise ». Alors qu'on lui disait que cette affaire portait atteinte à l'image de la France, le président a rétorqué : « Je ne savais pas que M. Strauss-Kahn représentait la France. »
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, quant à lui, a déclaré hier qu'il ne pouvait « pas croire » à l'affaire de la tentative de viol visant Dominique Strauss-Kahn, « telle qu'elle a été présentée au départ », selon l'agence russe Interfax. « J'ai du mal à évaluer les dessous politiques (de l'affaire) et je ne veux surtout pas me pencher sur ce thème », a-t-il ajouté.
Il juge également « tout à fait acceptable » et « très sérieuse » la candidature de la ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, au poste de directeur général du FMI, selon l'agence Interfax. La Russie, tout comme plusieurs pays de l'ex-URSS, avait annoncé la semaine dernière soutenir la candidature du président de la Banque centrale kazakhe, Grigori Martchenko, pour prendre la tête du FMI.
(Source : AFP)

