Les présidents américain et français après une conférence de presse conjointe, hier, en marge du sommet du G8. Jewel Samad/AFP
Détaillant ce paquet, M. Sarkozy a indiqué que « 20 milliards » proviendraient des banques de développement (hors Fonds monétaire international) d'ici à 2013, plus « une dizaine de milliards de dollars d'engagements bilatéraux » et « une dizaine de milliards des pays du Golfe » comme l'Arabie saoudite, le Qatar ou le Koweït dans un fonds financier spécialement dédié.
Avant d'arriver à Deauville, l'Égypte et la Tunisie avaient chiffré leurs besoins : Le Caire a besoin de 10 à 12 milliards de dollars d'ici à mi-2012 et a déjà appelé à l'aide le Fonds monétaire international (FMI); Tunis a chiffré ses besoins à 25 milliards de dollars sur cinq ans. Ces deux pays sont particulièrement frappés par la chute de la fréquentation touristique et une croissance proche de zéro.
Dans un rapport remis au G8, le Fonds monétaire international a chiffré à 160 milliards de dollars les besoins de financements des pays non exportateurs de pétrole du Proche-Orient et d'Afrique du Nord pour les prochaines années. Le FMI a indiqué qu'il était en mesure de débloquer de l'ordre de 35 milliards pour stabiliser ces économies, mais que le reste devrait être apporté par la communauté internationale. La Banque mondiale a pour sa part annoncé cette semaine une nouvelle enveloppe de six milliards pour la Tunisie et l'Égypte.
Le G8 a voulu aussi promouvoir la démocratie plus au sud du continent africain en invitant Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), Alpha Condé (Guinée) et Mahamadou Issoufou (Niger), qui viennent d'accéder au pouvoir au terme de parcours démocratiques jugés exemplaires. Le G8 a enfin signé une déclaration commune avec plusieurs pays africains, dont le Sénégal, l'Algérie, l'Éthiopie, l'Afrique du Sud, se félicitant des progrès démocratiques sur le continent et appelant un renforcement de la lutte contre « terrorisme », piraterie et trafics.
Nicolas Sarkozy a également profité du sommet dans la luxueuse station balnéaire normande pour plaider auprès de Barack Obama la candidature de la ministre française de l'Économie Christine Lagarde à la tête du FMI. La nomination de Mme Lagarde, déjà soutenue par les Européens, semble désormais quasi acquise après des propos élogieux jeudi de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, « partisane de donner aux femmes qualifiées l'opportunité de diriger des organisations internationales ».
(Source : agences)

