L’ange Jimmy recevant les invités au gala de Skoun. Photo Michel Sayegh
Après avoir travaillé toute l'année en utilisant au mieux le montant récolté lors du gala 2010, sensibilisé 1 600 étudiants et leurs parents, formé 496 professeurs pour des campagnes de prévention dans 28 écoles, pris en charge 131 personnes souffrant d'addictions et préparé l'ouverture prochaine d'une clinique à Chiyah, les fourmis de l'ONG ont pu s'arrêter un instant. Mettre leur plus belle tenue de soirée, afficher leur sourire ravi de voir que les choses avancent et accueillir leurs convives à leur grande soirée. Sans doute un des événements mondains de l'année, organisé par Stree, qu'ils ont voulu sous le titre et la promesse de : « Heaven ».
Rana Salam, toujours aussi « fantastik » que l'an dernier, a transformé le paradis des jardins du palais Sursock en un éden fou, irréel et audacieux. Le blanc était de rigueur, ainsi que les robes longues et autres tenues très glamour. Les femmes étaient même priées de porter un rouge à lèvres très... rouge pour l'occasion !
Le paradis, pour Rana, est « sur terre », dit-elle. Et plus précisément « Beyrouth ! ». Un lieu éthéré, flamboyant, merveilleusement théâtral et... « délicieux ». C'est donc à la lettre qu'elle a illustré sa vision, noyant l'atmosphère dans un nuage d'élégance. À l'entrée, le mot « Heaven » en lettres géantes, « comme des enseignes tombées d'un immeuble », ont vite donné un avant-goût acidulé de la mise en scène. Avec, cerise sur le gâteau, un ange très coquin à la plastique parfaite, qui répond au prénom de Jimmy, chargé d'accueillir ces dames en leur promettant une divine soirée à venir. Le paradis, pour Rana, ce soir-là, ressemblait à un jardin garni de tables et de chaises blanches, de grandes étoiles semées partout, qui dessinaient le chemin à suivre. Un jardin décoré de luminaires en forme de nuages blancs, de bulles de savon flottant dans les airs, de rideaux en papier journal froissé, une idée de Hoda Baroudi, de robes suspendues aux arbres, signées Caroline Seikaly, et de menus revisités. Le poisson devenant un « paradis sous-marin » et le dessert un « baiser chocolaté divin » ! Un espace noyé dans la musique de la talentueuse DJ Caline Chidiac, qui donnait les tons en transportant les invités dans des atmosphères différentes. Et enfin cette chose indéfinissable qui fait d'une soirée une très belle soirée.
« On me demande souvent pourquoi j'ai choisi d'aider les personnes dépendantes aux drogues et à l'alcool, a confié Sara Trad, présidente du conseil d'administration et cofondatrice de l'association. Parce que ça aurait pu être moi, vous, un parent ou un de nos enfants. Et parce que je sais que ces problèmes peuvent être traités et guéris. » « Cet événement, a-t-elle également souligné, vise, comme toujours, à mettre en valeur nos réussites et nous permettre de poursuivre notre mission qui consiste à sensibiliser les jeunes et fournir un traitement efficace dans notre centre de lutte contre l'addiction. »
À son tour, la directrice exécutive et cofondatrice de Skoun, Nadya Mikdashi, s'est adressée aux invités, précisant que « cette soirée vise non seulement à se souvenir de ceux que nous avons assistés, mais aussi ceux qui ont encore besoin de notre aide. Cette année, qui a été particulièrement difficile pour le Liban, la région et le monde, nous célébrons un formidable progrès pour lequel nous remercions toutes les personnes ici présentes ce soir. »
Le maître de cérémonie, Mohammad al-Idrissi, donne le coup d'envoi de la soirée. Au programme : dîner, mondanités, tombola, et une folle ambiance avec le groupe « Jeffrey's Band », amené au Liban par Cynthia Sarkis Perros. Sur la piste, des ambassadeurs, des hommes d'affaires et leurs femmes. Et un ange tatoué qui ressemblait à une étrange apparition...

