Un extrait du film « Et maintenant on va où ? ».
Le prix François Chalais, qui récompense chaque année depuis 15 ans, durant le Festival de Cannes, un film de fiction d'un auteur « qui aura su au mieux capter la réalité du monde », a été attribué à Labaki au cours de ce dernier week-end à Cannes. En effet, Et maintenant on va où ? brosse une fresque humaine à portée universelle. Sous forme de comédie musicale qui se déroule dans trois localités de la montagne libanaise, la jeune réalisatrice, qui avait auparavant ému la Croisette par son Caramel, décrit les liens entre des femmes de communautés différentes qui vont se solidariser et trouver tous les moyens adéquats pour empêcher leurs maris de recourir à la violence.
« Ce film, avait signalé Nadine Labaki en montant sur scène avec son casting à l'appel de Thierry Frémeaux, je l'ai réalisé pour mon fils et pour toutes les mamans du monde qui souffrent de voir leurs enfants prendre un jour les armes. »
Par ailleurs, une mention spéciale a été attribuée à la cinéaste libanaise dans le cadre de la remise du prix œcuménique, en même temps qu'Aki Kaurismäki, pour Le Havre. C'est le long-métrage de l'Italien Paolo Sorrentino, This must be the place, qui a obtenu le prix. « Ce film (Et maintenant on va où ?) nous fait pénétrer de manière simple et pure dans la complexité des rapports interreligieux en Orient. Une fable universelle et une lueur d'espoir d'une brûlante actualité », a précisé le communiqué.
Présidé par le Suisse Daniel Grivel, ancien pasteur et aujourd'hui critique de cinéma, le jury du prix œcuménique, également composé de Gianluca Arnone (critique de cinéma italien), Françoise Lods (France), Martin Bernal Alonso (prêtre argentin), Mikaël Mogren (pasteur suédois et docteur en théologie), et de Christiane Hofmann (responsable française de ciné-clubs), a qualifié l'œuvre de Labaki de « fable poétique en équilibre délicat entre comédie et tragédie et réalisée avec beaucoup de finesse et de tact ».

