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Moyen Orient et Monde - Soudan

À Abyei, des relents de guerre civile

Les Sudistes ont violemment dénoncé, hier, la prise de contrôle, samedi, d'Abyei, région disputée et riche en pétrole, par l'armée du Nord-Soudan. Cette opération inquiète dans un pays marqué par deux décennies de guerre civile entre le Nord musulman et le Sud majoritairement chrétien.
L'armée soudanaise a pris le contrôle de la région convoitée d'Abyei et s'emploie à en évincer les forces armées du Sud, a annoncé hier un ministre de Khartoum après une série de combats dans la zone frontalière. Selon le ministre d'État à la Présidence, Amin Hassan Omer, l'offensive était indispensable parce que l'armée sudiste essayait de renforcer sa présence à Abyei, en violation de l'accord de paix (CPA) de 2005 et du protocole d'Abyei, une annexe signée en 2008. « Nous ne permettrons à personne d'essayer de décider unilatéralement du sort d'Abyei (...). Nous sommes un gouvernement responsable, nous ne laisserons aucune partie du territoire soudanais dans le vide sécuritaire », a-t-il insisté. « La prochaine étape est que nous sommes prêts à nous engager et à négocier pour régler le problème », a ajouté le ministre d'État.
Selon l'agence de presse officielle SUNA, le président soudanais Omar el-Bachir a ordonné la dissolution de l'administration mixte locale, mise en place dans le cadre des accords de 2005 et 2008. Et selon l'armée du Sud (SPLA), l'administrateur (sudiste) d'Abyei est « porté disparu ».
À Juba, capitale de la région autonome du Sud-Soudan, qui doit devenir indépendante en juillet, le ministre de l'Information, Barnaba Marial Benjamin, a dénoncé « une invasion illégale qui viole tous les accords de paix et met en danger la vie de milliers de civils ». Les Nordistes « ont envie d'en découdre, mais nous ne pouvons accepter qu'ils entraînent le peuple soudanais dans leur caniveau », a-t-il déclaré. Le porte-parole de la SPLA, Philip Aguer, a évoqué des combats « très, très mauvais », avec « des bombardements aveugles ». Il a cependant affirmé qu'aucune contre-attaque n'était prévue dans l'immédiat, précisant qu'il revenait au gouvernement de prendre une telle décision. Selon Médecins sans frontières (MSF), qui a dû fermer sa clinique sur place, « la population entière de la ville d'Abyei a fui ». « Le calme est apparemment revenu dans l'après-midi », a cependant précisé la Mission des Nations unies au Soudan (Minus), qui a fait état de pillages dans les maisons abandonnées et signalé la présence d'une quinzaine de chars sudistes au sud de la rivière délimitant désormais le front.
Le Nord à majorité musulmane et le Sud, dont les populations sont chrétiennes ou animistes, se sont livré pendant des décennies une guerre civile qui a fait deux millions de morts. La tension est montée cette semaine quand le Nord a accusé la SPLA d'avoir attaqué un convoi de soldats soudanais et de Casques bleus jeudi soir à Dokura, au nord de la ville d'Abyei. L'armée du Sud a nié toute responsabilité dans l'attaque, dirigée selon l'ONU contre un convoi militaire du Nord escorté par des Casques bleus en vertu d'un accord qui prévoyait que les deux parties évacuent leurs troupes du territoire contesté.
Le Nord et le Sud étaient censés avoir retiré toutes leurs troupes d'Abyei cette semaine, à l'exception d'une force composée d'unités spéciales des deux parties. L'accord de 2005 prévoyait un référendum sur la sécession du Sud et un autre sur le rattachement de la région d'Abyei au Nord ou au Sud. La seconde consultation a été reportée en raison notamment d'un différend sur la composition de l'électorat.
Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont condamné l'intervention nordiste. Washington a exigé samedi soir un retrait des forces nordistes de la ville, tandis que Paris et Londres ont dénoncé « une violation » de l'accord de paix de 2005.
(Source : agences)
L'armée soudanaise a pris le contrôle de la région convoitée d'Abyei et s'emploie à en évincer les forces armées du Sud, a annoncé hier un ministre de Khartoum après une série de combats dans la zone frontalière. Selon le ministre d'État à la Présidence, Amin Hassan Omer, l'offensive était indispensable parce que l'armée sudiste essayait de renforcer sa présence à Abyei, en violation de l'accord de paix (CPA) de 2005 et du protocole d'Abyei, une annexe signée en 2008. « Nous ne permettrons à personne d'essayer de décider unilatéralement du sort d'Abyei (...). Nous sommes un gouvernement responsable, nous ne laisserons aucune partie du territoire soudanais dans le vide sécuritaire », a-t-il insisté. « La prochaine étape est que nous sommes prêts à nous engager et à négocier pour régler le problème »,...
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