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Moyen Orient et Monde - Irak

Tollé général contre un vaste projet portuaire koweïtien

Le projet koweïtien de bâtir un port près de sa frontière avec l'Irak risque de provoquer un conflit diplomatique avec Bagdad, inquiet de voir se réduire son étroite façade maritime, vitale pour les exportations de pétrole. Au cœur du problème, la question de la frontière commune, que l'Irak de l'après-Saddam Hussein n'a toujours pas reconnue. Ce projet de port en eau profonde d'un milliard de dollars, baptisé Moubarak al-Kebir, et dont la construction a été approuvée en février par le Koweït, ne devrait toutefois pas voir le jour avant plusieurs années.
« S'il est construit, ce port provoquera entre l'Irak et le Koweït une triple crise, politique, économique et sociale », déclare le politologue irakien Ihsan al-Chammari. « Les relations se sont améliorées, car certaines des blessures ont été cicatrisées, mais cela risque de les rouvrir à nouveau », met-il en garde.
Le projet Moubarak al-Kebir suscite également l'indignation de la population irakienne. Une centaine de personnes ont manifesté jeudi dans la grande ville portuaire de Bassora. « Le Koweït cherche à couper les routes maritimes de l'Irak », accuse sous le couvert de l'anonymat un responsable de l'Autorité irakienne des ports. « Ces mesures de provocation feront de l'Irak un pays enclavé. Le Koweït va s'étendre sur les routes maritimes, ce qui constituera une violation flagrante des principes du droit maritime international et une violation de la frontière irakienne », dit-il. « Le Koweït n'a pas besoin de ce genre de port, car ils en ont déjà de plus importants », ajoute-t-il, notant que le port koweïtien jouxterait celui d'al-Fao en Irak, que Bagdad compte agrandir. Avec cette installation, couplée à un projet de voie ferrée entre al-Fao et la frontière turque, Bagdad espère se doter d'une route commerciale capable de concurrencer le canal de Suez.
Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali al-Dabbagh, n'a dans l'immédiat fait aucun commentaire. Un responsable du ministère koweïtien des Affaires étrangères a cependant rejeté toute « violation ». « Le port de Moubarak al-Kebir sera construit sur le territoire du Koweït et dans la limite de ses eaux territoriales », a-t-il dit, cité par le journal al-Watan. Toutefois, certains diplomates soupçonnent Bagdad de vouloir conserver avec la question des frontières une carte pour toute autre négociation avec son voisin.
(Source : AFP)

Le projet koweïtien de bâtir un port près de sa frontière avec l'Irak risque de provoquer un conflit diplomatique avec Bagdad, inquiet de voir se réduire son étroite façade maritime, vitale pour les exportations de pétrole. Au cœur du problème, la question de la frontière commune, que l'Irak de l'après-Saddam Hussein n'a toujours pas reconnue. Ce projet de port en eau profonde d'un milliard de dollars, baptisé Moubarak al-Kebir, et dont la construction a été approuvée en février par le Koweït, ne devrait toutefois pas voir le jour avant plusieurs années.« S'il est construit, ce port provoquera entre l'Irak et le Koweït une triple crise, politique, économique et sociale », déclare le politologue irakien Ihsan al-Chammari. « Les relations se sont améliorées, car certaines des blessures ont été cicatrisées,...
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