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Liban - Éclairage

L’actualité locale ? La vision Obama, applaudie ou décriée

Feltman l’Américain à Beyrouth?... Photos Dalati et Nohra

Relâche du vendredi, pause-café ou week-end férié : le Landernau libanais, du reste lassé au bout de trois mois, laisse de côté la crise ministérielle. Pour ne bruire que de commentaires, de réactions concernant le discours « fondateur » du président Barak Obama relatif à trois sujets régionaux : les changements accomplis dans des pays déterminés, les chocs dans d'autres, avec condamnation des répressions, le conflit israélo-palestinien.
Le chef de la Maison-Blanche a choisi les bureaux du département d'État, jeudi, pour s'exprimer, afin de bien souligner la portée et le caractère diplomatique de sa démarche. S'adressant aux dirigeants du Moyen-Orient, il a confirmé le soutien des États-Unis à une éclosion pacifique de la démocratie. Déclarant que les stratégies de répression ou d'intox, entendre de manipulation des masses, n'ont désormais plus aucune chance de réussir. Cela sans doute par allusion au fait que les opinons sont désormais éclairées, informées, remontées à bloc, en partie grâce aux moyens de communication, toile d'araignée en tête. Il a répété la nécessité de résoudre le conflit israélo-arabe. Avec une insistance de taille sur le retour aux frontières de 1967, par un échange de territoires sur lequel les deux parties s'entendraient. En vue, notamment, de l'émergence d'un État palestinien disposant de frontières sûres, et reconnues, avec l'État hébreu. Par contre, sur un sujet très important pour le Liban, le droit de retour des réfugiés palestiniens, le président Obama n'a absolument rien dit.

Approbation
Localement, il y a donc controverse sur ses propos, comme on pouvait s'y attendre. Certains y voient une initiative de solution, un pas vers la paix. Étant donné que c'est la première fois que les États-Unis reconnaissent qu'il est indispensable de rétablir le tableau territorial qui prévalait avant la guerre de juin 1967, qui avait permis à Israël de balayer la Palestine, le Sinaï, le Golan, en grignotant un peu la Jordanie. Aux Égyptiens et aux Jordaniens, Israël avait redonné leurs territoires. Par contre, les accords d'Oslo avec Arafat sont restés lettre morte, et le Golan, ainsi que Chebaa, chez nous, restent occupés. En tout cas, les Israéliens ont vu rouge en entendant Obama défendre le retour à leur costume réduit de 1967. Surtout qu'il a pris soin de se déclarer la veille même de la visite de Benjamin Netanyahu à Washington. Mais il faut dire que le Premier ministre israélien avait lui-même pris les devants. En annonçant que la construction de colonies allait reprendre à Jérusalem-Est, c'est-à-dire dans la partie arabe de la cité.

Rejet
Sur place, les contempteurs trouvent qu'il n'y a rien de vraiment nouveau dans le discours d'Obama. Ils pensent qu'il déploie des efforts pour gommer en partie les échecs essuyés par son administration. Tant vis-à-vis de Netanyahu, qui rejette leurs pressions pour faire cesser les colonisations et pour négocier avec les Palestiniens, qu'en Afghanistan ou en Irak. En sus, toujours selon ces détracteurs, de la perte d'alliés dociles, comme Moubarak et Ben Ali. Ils ajoutent qu'Obama a voulu, opportunément, exploiter le retentissement de l'exécution de Ben Laden par un commando US. Pour mieux mobiliser, et attirer plus de sympathie à l'égard des States, autour de la détermination d'en finir avec le terrorisme international et avec el-Qaëda. Parallèlement, relèvent-ils encore, Obama cherche à court-circuiter le front de barrage syro-iranien, ou encore les islamistes, en lutte contre le projet américain, sur le dossier-pivot du conflit israélo-palestinien. Mais à leur avis, il ne peut pas y parvenir. Parce que, même, ou surtout, après le rabibochage entre l'OLP et le Hamas, les Palestiniens ne peuvent pas accepter les conditions de Netanyahu. Ni, d'ailleurs, admettre de n'avoir qu'un État démilitarisé, sans politique étrangère qui ne soit concertée avec Israël, donc démonnayé sur le plan de la souveraineté, comme l'envisagent en réalité les Américains.

Mitchell
Les cadres de la nouvelle majorité rappellent que l'émissaire spécial de la Maison-Blanche, le sénateur d'origine libanaise George Mitchell, a dû se résigner à rendre son tablier, en tirant l'échelle, et les conséquences de l'inanité des efforts qu'il a déployés pendant deux ans pour relancer les pourparlers israélo-palestiniens. Lui qui avait auparavant traité avec brio, et succès, l'abrupt dossier irlandais. Ils persiflent que ce que cet expert de haut vol n'a pas réussi en vingt-quatre mois, ce n'est pas en deux petites phrases qu'Obama peut y parvenir. D'autant qu'elles ont été tout de suite retoquées, rejetées, par le gouvernement israélien.
Un détail cependant : selon un professionnel informé, il ne faut pas du tout prendre en considération, faire des évaluations, à partir du cas Mitchell. Son départ ne serait qu'une coïncidence d'ordre chronologique : dès avant sa nomination, il avait précisé que, pour des raisons personnelles, il ne pourrait rester à l'œuvre qu'au maximum pendant deux ans. Une fois terminés, il est donc sorti de scène. En laissant derrière, en activité, une dense équipe de collaborateurs, aux ordres directs, maintenant, de la Maison-Blanche et non du département d'État.

Processus
De leur côté, des diplomates en poste à Beyrouth pensent que le volet israélo-palestinien est clair, qu'il ne nécessite que la reprise des pourparlers, sous l'égide des États-Unis. La secrétaire d'État Hillary Clinton va donc se mettre en branle sous peu en débarquant dans la région. Ils ajoutent que, contrairement aux Israéliens, les Américains tirent en réalité bon augure de la réconciliation entre l'OLP et le Hamas. Pour eux, on peut dorénavant espérer que le mouvement radical islamiste mette de l'eau dans son vin, et ne finisse par accepter un projet de paix avec Israël.
Dans ce cadre, plusieurs médias soutiennent que le Hamas prendrait ses distances par rapport à l'Iran et à la Syrie. Et qu'il s'apprêterait à déplacer de Damas son quartier général politique, dirigé par Khaled Mechaal. Ce serait par réaction, pour rappeler qu'elle détient encore des cartes palestiniennes, que la Syrie aurait lâché, et laisser abattre par les Israéliens, les réfugiés palestiniens sur le Golan le jour de la commémoration de la « nakba ».

L'un et l'autre
Cela étant, Beyrouth reçoit Jeffrey Feltman, numéro 2 du département d'État pour la région et ancien ambassadeur chez nous. Il doit parler, bien entendu, de l'évolution dans le monde arabe ou du conflit israélo-palestinien. Mais, en vieux connaisseur, il ne manquera pas d'aborder le dossier local, la crise ministérielle, la question de l'Intérieur, de la Défense et des assistances US. Il doit voir les responsables et le 8 Mars s'inquiète de sa venue, qualifiée d'ingérence dans les affaires intérieures du pays. Ainsi que de tentative de pression sur la Syrie.
Une critique que le 8 Mars, par défaut usuel de logique, n'adresse pas à l'autre visiteur du moment, l'Iranien Mohammad Ali Chibani. Exact alter ego de Feltman, puisque lui aussi est sous-ministre des Affaires étrangères de son pays, et qu'il a été ambassadeur à Beyrouth. On sait que la Syrie souhaite la formation rapide d'un nouveau gouvernement libanais. Au point que l'un de ses amis du cru, le président Berry, avance que le retard constitue finalement un complot contre elle. Mais l'Iran ? Le Hezbollah serait pressé. Mais à condition que son allié, le général Michel Aoun, toujours sur la brèche, ne subisse pas de revers.
Mais les relances extérieures, ajoutées aux effets du discours d'Obama, rendent assez opaque la visibilité politique. Aussi, le président Nagib Mikati, indiquent des observateurs avertis, préfère attendre encore. Dès lors, sans être formellement dénoncé, l'accord de compromis sur la nomination à l'Intérieur du général FSI en retraite Marwan Charbel a encore besoin d'être confirmé, comme le précise le président Berry. Le mot de la fin appartient au Premier ministre désigné : « L'essentiel, dit-il, c'est de savoir comment je peux gouverner avec une équipe de travail, pour le bien de ce pays. » Autrement dit, si on le laisse faire. « Car, conclut-il, il n'est pas question pour moi d'introniser un gouvernement qui ne serait qu'une lice de confrontation. »
Relâche du vendredi, pause-café ou week-end férié : le Landernau libanais, du reste lassé au bout de trois mois, laisse de côté la crise ministérielle. Pour ne bruire que de commentaires, de réactions concernant le discours « fondateur » du président Barak Obama relatif à trois sujets régionaux : les changements accomplis dans des pays déterminés, les chocs dans d'autres, avec condamnation des répressions, le conflit israélo-palestinien.Le chef de la Maison-Blanche a choisi les bureaux du département d'État, jeudi, pour s'exprimer, afin de bien souligner la portée et le caractère diplomatique de sa démarche. S'adressant aux dirigeants du Moyen-Orient, il a confirmé le soutien des États-Unis à une éclosion pacifique de la démocratie. Déclarant que les stratégies de répression ou d'intox, entendre de...
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