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Moyen Orient et Monde - Conférence

Il faut donner une chance aux islamistes, affirme HRW

L'organisation pour la défense des droits de l'homme se veut optimiste quant à l'avenir des pays « libérés » de l'autoritarisme.


Bien avant le début des révoltes populaires dans le monde arabe, Human Rights Watch (HRW) a été présente sur le terrain, répertoriant et dénonçant les diverses violations des droits de l'homme commises dans la région. Aujourd'hui, depuis la chute des pouvoirs autoritaires en Tunisie et en Égypte, le rôle de l'organisation internationale a pris une nouvelle dimension : accompagner la transition démocratique.
« Le travail dans le monde arabe a été particulièrement frustrant et difficile pour HRW au cours des dix dernières années », avoue Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord, au cours d'une conférence organisée mercredi par l'AUB et le magazine Executive. « La situation au niveau des droits de l'homme ne faisait que régresser, avec des lois encore plus répressives et la poursuite des arrestations arbitraires », explique-t-elle. « C'est précisément cette forme d'injustice qui a déclenché les mouvements de révolte dans la région, poursuit Mme Whitson. Aujourd'hui, les peuples arabes sont en train de lutter pour la restitution de leurs droits les plus fondamentaux ». « Les droits de l'homme et de la dignité humaine ne sont pas des produits importés de l'Occident, comme certains le prétendent, mais des valeurs universelles incontestables », souligne-t-elle encore, tout en rappelant que les révoltes ont commencé en réaction à la brutalité policière, tant en Tunisie qu'en Égypte et même en Syrie.
« Au Caire, le choix des activistes sur Facebook de manifester le 25 janvier, journée nationale de la police, était particulièrement symbolique », affirme de son côté Heba Morayef, chercheuse à HRW, qui a été en mission en Égypte et en Libye. « Les manifestants, dit-elle, voulaient initialement la démission du ministre de l'Intérieur, mais les protestations ont très vite tourné contre le pouvoir en place ».
Après la chute de Hosni Moubarak et l'arrivée au pouvoir du Conseil militaire, l'avenir de l'Égypte reste « incertain », selon Mme Morayef. « Les militaires contrôlent désormais toutes les décisions législatives et exécutives dans le pays, dit-elle. Les Égyptiens ont toujours été réticents à critiquer l'armée. Ils ont peur. Et c'est pour cela qu'il est très important de surveiller le Conseil et continuer de répertorier toute atteinte aux droits de l'homme ». « En dépit de quelques réformes adoptées par les militaires, affirme encore la chercheuse, nous continuons de recenser des atteintes graves aux droits de l'homme, comme la torture et la détention arbitraire ». « Plus de 5 600 cas ont été déférés devant les tribunaux militaires depuis mi-février », assure encore Mme Morayef.
Mais HRW se veut optimiste quant à l'avenir des pays « libérés » de l'autoritarisme. « Nous devons soutenir les peuples tunisien et égyptien dans leur transition démocratique, affirme Sarah Leah Whitson. Nous devons aussi accepter le fait qu'ils ont droit à l'erreur, comme tout autre pays démocratique dans le monde. Ils ont le droit de choisir leur propre destinée. »
Quant au risque de voir les mouvements islamistes remporter les prochaines élections en Tunisie et en Égypte, Mme Whitson affirme qu'ils ont l'avantage d'être plus expérimentés et organisés que les partis libéraux. « De notre point de vue, les partis islamistes dans la région ont tout à fait le droit de participer activement à la vie politique dans leur pays, affirme-t-elle. Il faut leur donner une chance afin qu'ils puissent démontrer leur réel engagement envers les questions relatives aux droits de l'homme, de la liberté d'expression et de culte. »
Heba Morayef indique de son côté que HRW collabore avec les Frères musulmans égyptiens depuis 1992. « La question des droits de l'homme est toujours présente dans leurs discours », affirme-t-elle, tout en rappelant que les membres de la confrérie ont été les premières victimes de la répression sous le régime de Moubarak. « Des centaines (de membres des Frères musulmans) ont connu la torture et ont été arrêtés à de nombreuses reprises », précise la chercheuse. « Qu'on le veuille ou pas, les Frères musulmans font partie intégrante de la vie politique en Égypte, dit-elle encore. Il n'y a, à ce jour, aucune autre alternative. »
Bien avant le début des révoltes populaires dans le monde arabe, Human Rights Watch (HRW) a été présente sur le terrain, répertoriant et dénonçant les diverses violations des droits de l'homme commises dans la région. Aujourd'hui, depuis la chute des pouvoirs autoritaires en Tunisie et en Égypte, le rôle de l'organisation internationale a pris une nouvelle dimension : accompagner la transition démocratique.« Le travail dans le monde arabe a été particulièrement frustrant et difficile pour HRW au cours des dix dernières années », avoue Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord, au cours d'une conférence organisée mercredi par l'AUB et le magazine Executive. « La situation au niveau des droits de l'homme ne faisait que régresser, avec des lois encore plus répressives et la...
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