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Liban - Carburants

Essence et mazout moins chers pour 54 000 plaques rouges

La satisfaction accordée dans les transports publics : une arme à double tranchant.
C'est un signal ambigu que l'exécutif a envoyé au monde des ouvriers et des salariés, en accordant au secteur des transports une subvention de plus de 450 000 LL par mois (250 litres/mois d'essence ou de mazout).
Ce geste, à n'en pas douter, aura des conséquences sociales palpables au niveau des tarifs des taxis et des bus. Par contre, il prouve aux travailleurs que l'État cède à la pression des syndicats, et va encourager les mieux organisés, dans d'autres secteurs, à durcir leurs positions.
L'accord a déçu deux tranches bien distinctes du monde ouvrier. À l'heure où elle se prépare à lancer un mot d'ordre de grève générale, la CGTL regrette une mesure qui va démobiliser une partie de ses adhérents. Les milieux radicaux, eux, sont insatisfaits d'un règlement qui ne fait qu'ajourner la crise. Ils pensent, en effet, que seule une nationalisation pure et simple du secteur stratégique de l'importation des carburants réglera la question en profondeur.
En tout état de cause, les conseils exécutifs des deux fédérations des transports n'ont pas encore officiellement réagi à la solution. Ils le feront l'un aujourd'hui, l'autre lundi. Mais il n'y aura aucune surprise à attendre de ce côté.
Le dirigeant syndical Bassam Tleiss, qui a conduit les négociations à leur épilogue heureux, a assuré hier que la subvention accordée aux secteurs des transports va se répercuter sur les tarifs des transports et bénéficiera « en premier lieu » aux usagers. Il s'est particulièrement félicité de la stabilité de ce règlement, qui sera en vigueur durant trois mois renouvelables, si le gouvernement n'est pas formé d'ici là.

Raya el-Hassan : Un moindre mal
La ministre des Finances, Raya el-Hassan, a estimé pour sa part que le règlement mis au point est celui qui occasionnera le moins de pertes pour le Trésor. Cette subvention coûtera 16 millions de dollars par mois au Trésor, répartis comme suit : 12 millions pour les voitures à essence et 4 millions pour les véhicules à mazout. Le parc automobile touché est évalué à 37 000 voitures et 17 400 autocars et minibus.
Pour sa part, le président de la commission parlementaire des Transports, Mohammad Kabbani, a rapidement mesuré l'impact de cette mesure sur le secteur des transports et précisé que le gouvernement doit s'assurer que les chauffeurs qui bénéficieront de cette subvention sont bien actifs dans le secteur et ne se contenteront pas « d'engranger de l'argent, sans contribuer au service public ».
On ne peut s'empêcher, en fait, de souligner combien cette solution est palliative et la difficulté qu'il y aura à exercer un contrôle rigoureux dans son application. Celui-ci « est à l'étude », a affirmé hier la ministre des Finances, qui a exclu que le carburant soit attribué au moyen de coupons, ce qui ouvrirait grande la voie aux abus et au marché noir. Mme el-Hassan a affirmé qu'il faudra une dizaine de jours pour mettre au point les modalités de distribution des quantités de carburants fixées.

Satisfaction en haut lieu
Cependant, en haut lieu, en particulier à la présidence de la République, on s'est félicité de l'annulation de la grève et de la solution trouvée. Le vice-président de l'Association des industriels, Ziad Berdache, s'est également réjoui d'une mesure qui, à ses yeux, doit s'inscrire dans un effort pour mettre au point une politique des prix globale pour un secteur sensible qui influe sur beaucoup d'autres, en particulier l'industrie.
Pour sa part, M. Massoud Achkar a proposé que les fonds allant à la subvention du prix de l'essence et du mazout soient compensés par une surtaxe sur les produits de luxe. Des économistes proposaient, de leur côté, que cette somme soit empruntée à la Banque du Liban.
Le député Kassem Hachem (parti Baas) a affirmé que le règlement de la question du prix de l'essence doit être général et toucher l'ensemble de la population. Il faut donc, selon lui, stabiliser le tarif des carburants, quelles que soient les fluctuations des prix mondiaux des dérivés pétroliers.
Enfin, M. Maroun Khawli, président de la Fédération générale des syndicats du Liban, rivale de la CGTL, a estimé que la solution a constitué « un choc pour tous les Libanais », car « elle a tenu compte des intérêts de 33 000 chauffeurs, mais oublié en chemin 1,5 million de conducteurs lésés par la spirale ascendante des tarifs ».
C'est un signal ambigu que l'exécutif a envoyé au monde des ouvriers et des salariés, en accordant au secteur des transports une subvention de plus de 450 000 LL par mois (250 litres/mois d'essence ou de mazout).Ce geste, à n'en pas douter, aura des conséquences sociales palpables au niveau des tarifs des taxis et des bus. Par contre, il prouve aux travailleurs que l'État cède à la pression des syndicats, et va encourager les mieux organisés, dans d'autres secteurs, à durcir leurs positions.L'accord a déçu deux tranches bien distinctes du monde ouvrier. À l'heure où elle se prépare à lancer un mot d'ordre de grève générale, la CGTL regrette une mesure qui va démobiliser une partie de ses adhérents. Les milieux radicaux, eux, sont insatisfaits d'un règlement qui ne fait qu'ajourner la crise. Ils pensent, en effet,...
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