Prenant la parole, le président de l'association de soutien aux Libanais détenus en Syrie (Solide), Ghazi Aad, a prononcé un mot dans lequel il a affirmé qu'en dépit du fait que le sit-in dure depuis sept ans, « aucun des responsables libanais n'a pris la peine de faire quoi que ce soit pour cette cause », estimant que « celui qui se tait face à un crime est lui-même considéré comme complice ».
Et de se demander : « Comment un parent peut-il oublier son fils porté disparu ou kidnappé sans qu'il ne puisse obtenir la moindre information sur lui ? Comment se fait-il que le destin des disparus dans les pays qui ont connu des guerres destructrices a été connu par la suite et leur corps remis à leurs proches ? » s'est encore interrogé M. Aad.
À son tour, la présidente du comité des parents des personnes disparues et kidnappées, Wadad Halwani, a dénoncé le manque de sérieux dans l'approche des responsables politiques par rapport à ce dossier, soulignant qu'ils n'ont abordé ce dossier que sous l'angle politique, soit pour faire pression dans un sens, ou pour afficher une position politique donnée.
Mme Halwani a espéré que le visiteur allemand traitera différemment que les officiels libanais avec ce sujet. Elle a, en outre, invité le Parlement allemand et les États de l'Union européenne à s'intéresser à ce dossier humanitaire, afin que le slogan relatif aux droits de l'homme ne reste pas un slogan creux.
Réagissant aux deux interventions, M. Thierse a tenu à exprimer son respect pour l'endurance et la ténacité dont ont fait preuve les protestataires, rappelant que la justice ne peut se réaliser qu'à travers la vérité.
Le responsable allemand a estimé qu'il est nécessaire de faire la lumière sur les crimes des guerres qui se sont produites au Liban, exactement comme cela a eu lieu dans plusieurs autres pays qui ont subi une répression de type dictatorial. M. Thierse a affirmé qu'il fera de son mieux pour soutenir la cause visant à faire la lumière sur les disparus libanais.

