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Culture - Photographie

L’art de l’imperfection photographique

Trop parfaite la caméra digitale ? Alors l'artiste Anne Rowland lui fait jouer des tours.

Le cercle parfait des branchages.

Armée de sa caméra, Anne Rowland ne va pas du tout à la chasse au paysage, synonyme de sentiment, de poésie, de mélancolie ou d'harmonie des couleurs. À première vue, l'hypernaturalisme semble être le but qu'elle poursuit à travers les œuvres qu'elle expose à la galerie Hemphill à Washington. Elle a tout simplement intitulé l'ensemble «Paysages». Ses outils de travail, des caméras digitales dont l'une, GigaPan, avait été originellement conçue pour l'engin ayant atterri sur la planète Mars. Cette façon de faire, à partir de la photographie digitale, peut donner une vision de la réalité d'une telle clarté qu'elle touche à l'irréel. Ainsi, les deux premières images, de très grande dimension, qui accueillent les visiteurs, sont des vues de la nature à couper le souffle par leur véracité.
Plus loin, une composition, également très étalée, est impeccablement centrée sur un mixage de brindilles et de feuillages crépus, appréhendé différemment selon l'angle de vision. C'est parce que l'artiste superpose ses clichés pour obtenir un effet de collage. Une technique qui se veut ludique, mais source d'impressionnantes images.

Un jeu d'erreur créatif
Anne Rowland avait commencé par photographier de très simples scènes rurales de l'environnement où elle avait grandi. Ses sujet, joliment terre à terre: des arbres, des buissons, des champs, des étangs, des nuages, occasionnellement animés par la présence d'une voiture ou d'une chèvre. Mais chacun des sites était une combinaison de gros plans, certains plus changeants que d'autres. Elle a même réalisé des exemplaires imitant ceux de facture d'avant l'avènement du digital. Vue d'une distance raisonnable, la majorité de ses photographies apparaissent sans points de jointure. De plus près, elles révèlent leurs strates, équivalent aux multiples perspectives d'un même site. Dans ce processus, la photographe se plaît à faire fi de l'acuité de son outil digital, en y glissant volontairement des petits accrocs. Elle explique qu'au départ, elle tendait à réaliser des images «extrêmement explicites». Puis, en assemblant les gros plans, elle a abouti à «des dissemblances et à des distorsions». Elle s'est plue à ce jeu d'erreur et de méprise voulu, qui lui a, en définitive, permis de recréer les visions, les observations et l'éventail optique. Une manière d'échapper à la facilité des déclenchements mécaniques et automatiques. Rejoignant ce concept: «Perfection et imperfection. Si les deux peuvent être beauté, seule l'imperfection peut faire le charme.»
Armée de sa caméra, Anne Rowland ne va pas du tout à la chasse au paysage, synonyme de sentiment, de poésie, de mélancolie ou d'harmonie des couleurs. À première vue, l'hypernaturalisme semble être le but qu'elle poursuit à travers les œuvres qu'elle expose à la galerie Hemphill à Washington. Elle a tout simplement intitulé l'ensemble «Paysages». Ses outils de travail, des caméras digitales dont l'une, GigaPan, avait été originellement conçue pour l'engin ayant atterri sur la planète Mars. Cette façon de faire, à partir de la photographie digitale, peut donner une vision de la réalité d'une telle clarté qu'elle touche à l'irréel. Ainsi, les deux premières images, de très grande dimension, qui accueillent les visiteurs, sont des vues de la nature à couper le souffle par leur véracité.Plus loin, une...
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