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Moyen Orient et Monde - Révolte

L’étau se resserre autour du régime syrien

Alors que Hillary Clinton et Catherine Ashton ont menacé de nouvelles mesures les autorités syriennes, si elles ne renoncent pas à la violence face aux manifestants, l'UE a entamé des discussions pour imposer des sanctions contre le président Bachar el-Assad. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a affirmé qu'une majorité était « en train de se dessiner » à l'ONU pour condamner la répression en Syrie. Sur le plan interne, l'opposition syrienne a lancé un appel à la grève générale pour aujourd'hui.

Sur cette photo postée sur la page Facebook Syrian Network News (SNN), on voit écrit que « la ville de Jisr al-Choughour refuse l’entrée de l’armée ».

Le régime de Bachar el-Assad est soumis à de plus en plus de pressions à l'étranger. Les États-Unis et l'Union européenne vont prendre de nouvelles mesures à l'encontre des autorités si elles ne renoncent pas à la violence face aux manifestants démocrates, ont averti hier Hillary Clinton et Catherine Ashton. S'adressant à la presse avant son entretien avec la secrétaire d'État américaine, à Washington, la porte-parole de la diplomatie européenne a indiqué qu'elle l'avait fait savoir récemment au ministre syrien des Affaires étrangères. « C'est extrêmement urgent. Si le gouvernement (...) souhaite vraiment voir un changement, ce doit être maintenant », a-t-elle souligné. « La situation nous impose désormais d'envisager toutes les options. Je pense donc qu'il y aura un certain nombre d'initiatives dans les heures et les jours qui viennent », a ajouté Catherine Ashton. « Nous allons prendre des mesures supplémentaires dans les jours qui viennent », a confirmé Hillary Clinton.
Plus tôt, à Bruxelles, les ambassadeurs des 27 pays de l'UE s'étaient réunis pour discuter de cette éventualité d'imposer des sanctions au président Assad. L'UE a déjà imposé des sanctions (gel des avoirs, interdiction de visas d'entrée) à 13 responsables syriens dont des membres de la famille du président, ainsi qu'un embargo sur les armes susceptibles d'être utilisées à des fins répressives.
Parallèlement, selon Alain Juppé, chef de la diplomatie française, une majorité de voix est « en train de se dessiner » à l'ONU pour condamner la répression de la révolte, en précisant qu'une menace de veto de Moscou et Pékin sur un texte existait toujours. « Pour obtenir une résolution du Conseil de sécurité, il faut éviter le veto d'un membre permanent et ensuite réunir neuf voix. Nous nous battons avec nos amis britanniques depuis des jours, voire des semaines pour arriver à ce résultat », a-t-il précisé.
Dans le monde arabe, des députés koweïtiens ont par ailleurs appelé à la rupture des relations avec Damas et à l'expulsion de l'ambassadeur syrien en signe de protestation contre la répression.
En Syrie, l'opposition a lancé hier un appel à la grève générale pour aujourd'hui, défiant une nouvelle fois le régime. « Faisons de ce mercredi un vendredi (jour habituel de manifestations), avec des manifestations massives, pas d'école, pas d'université, pas de commerces ou de restaurants ouverts et même pas de taxis », affirme un communiqué publié sur la page Facebook de « Syrian Revolution 2011 », moteur du mouvement de contestation lancé à la mi-mars contre le régime.
Dans ce contexte, un leader de l'opposition, Anas al-Choughri, a été arrêté par les forces de sécurité du régime à Banias (Ouest), a indiqué un militant Rami Abdel Rahmane, de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. « Nous exhortons les autorités à le relâcher de même que les autres militants et manifestants emprisonnés », a-t-il ajouté, indiquant que plusieurs personnes se trouvant aux côtés de M. Choughri avaient également été appréhendées.
Des chars ont par ailleurs pris d'assaut la ville méridionale de Naoua, dans la plaine du Hauran, après l'avoir assiégée pendant trois semaines, ont rapporté des militants. Des soldats ont tiré des rafales en l'air tandis que chars et blindés transportant des troupes pénétraient dans la ville, ont affirmé des habitants contactés par des militants de la région. « Les soldats passent maintenant les quartiers de Naoua au peigne fin et arrêtent des dizaines d'hommes », a déclaré un militant. Naoua, ville de 80 000 habitants, est située à 60 km au nord de Deraa, berceau de la révolte.
Selon la page Facebook Syrian Network News (SNN), des coups de feu ont été entendus dans la soirée à Deraa même. Plus tôt dans la journée, les autorités ont démenti l'existence d'une fosse commune à Deraa. « Cette information est totalement fausse », a indiqué un responsable au ministère de l'Intérieur cité par l'agence officielle SANA, parlant d'une « campagne calomnieuse (...) montée de toutes pièces ». SANA, citant un responsable local à Deraa, a néanmoins indiqué que cinq corps avaient été découverts dans la ville dimanche et que le procureur local avait ouvert une enquête. Le militant Ammar Qourabi, de l'Organisation nationale pour les droits de l'homme en Syrie, qui avait annoncé lundi la découverte de la fosse commune, a indiqué hier qu'une seconde avait été mise au jour. « L'une contenait 24 corps et l'autre sept, dont les cinq mentionnés par les autorités ainsi qu'une femme non identifiée et son fils », a-t-il souligné. Il a appelé les autorités à ouvrir une enquête. Rami Abdel Rahmane, de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé à Londres, a, lui, insisté sur l'existence d'une seule fosse, contenant les cinq corps.
La situation demeurait par ailleurs tendue à Tall Kalakh, ville de l'ouest assiégée par l'armée depuis plusieurs jours. « Ça ressemble à une ville fantôme ici (...), il y a des dizaines de blessés que nous ne pouvons évacuer », a déclaré hier un habitant sunnite joint par téléphone. « C'est un massacre », a-t-il ajouté, estimant que les autorités cherchaient « à provoquer un conflit confessionnel ». Selon SNN, des protestations ont eu lieu à Homs hier pour apporter leur soutien à Tall Kalakh.
Enfin, toujours selon SNN, des femmes ont manifesté à Daraya pour demander le retrait de l'armée de toutes les villes de Syrie ainsi que la libération de tous les détenus.
(Sources : rédaction
et agences)
Le régime de Bachar el-Assad est soumis à de plus en plus de pressions à l'étranger. Les États-Unis et l'Union européenne vont prendre de nouvelles mesures à l'encontre des autorités si elles ne renoncent pas à la violence face aux manifestants démocrates, ont averti hier Hillary Clinton et Catherine Ashton. S'adressant à la presse avant son entretien avec la secrétaire d'État américaine, à Washington, la porte-parole de la diplomatie européenne a indiqué qu'elle l'avait fait savoir récemment au ministre syrien des Affaires étrangères. « C'est extrêmement urgent. Si le gouvernement (...) souhaite vraiment voir un changement, ce doit être maintenant », a-t-elle souligné. « La situation nous impose désormais d'envisager toutes les options. Je pense donc qu'il y aura un certain nombre d'initiatives dans les...
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