Une photo tirée de YouTube montrerait des cadavres exhumés d’une fosse commune à Deraa.
Selon l'agence SANA, le président Assad a rencontré hier soir une délégation de Deraa et discuté avec ses membres de la situation qui a prévalu dans la ville ces derniers jours. La répression du mouvement de contestation, débuté le 15 mars, a fait, selon les ONG, au moins 700 morts, dont plusieurs centaines à Deraa, et entraîné des milliers d'arrestations à travers la Syrie.
Dans la ville de Tall Kalkh, la dernière assiégée par l'armée, un témoin a indiqué que des cadavres et des blessés étaient allongés dans les rues, les habitants étant incapables d'aller les chercher en raison des bombardements et des tirs. Selon lui, de nombreux corps étaient également maintenus dans des camions réfrigérés à l'hôpital, en attendant qu'ils soient enterrés. « Je peux voir six chars d'où je suis. Il y en a beaucoup plus devant la boulangerie centrale et la mosquée Othman ibn Affan dans le centre de la ville », a raconté ce témoin, joint par téléphone, alors qu'on entendait derrière le bruit des tirs. Des bombardements et des tirs ont eu lieu aussi hier dans la ville voisine d'Arida, d'après un militant. Au moins quinze chars se sont déployés dans cette zone, près de Djisser al-Komar, poste-frontière avec le nord du Liban. Des chars auraient également pénétré dans la ville de Madaya, selon des sites Internet de l'opposition.
En outre, des centaines de personnes arrêtées ont été libérées dimanche, après avoir signé une déclaration selon laquelle elles s'engagent à ne plus participer à de nouvelles manifestations, a affirmé hier le président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahman, installé à Londres. « Plusieurs d'entre elles ont dit avoir été torturées », a-t-il ajouté, précisant que des centaines étaient encore emprisonnées et que les interpellations se poursuivaient. De son côté, Paris s'est dit « soulagé » de la remise en liberté dimanche de Riad Seif, l'un des chefs de file de l'opposition, et a appelé à la libération de tous les prisonniers politiques en Syrie. « Les dirigeants de la Syrie parlent d'une guerre contre des terroristes, mais ce que nous voyons sur le terrain, c'est une guerre contre des Syriens ordinaires », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice pour le Proche-Orient de l'organisation américaine Human Rights Watch. Selon l'ONG, les forces de sécurité ont, dans certains cas, détenu des proches et des voisins d'opposants au régime afin de savoir où ces derniers se trouvent. « Le gouvernement syrien exploite toutes les solutions possibles pour détenir et punir ceux qui appellent à des réformes civiques », a estimé Mme Whitson.
(Source : agences)

