Une image diffusée hier montre des manifestants kurdes dans la ville de Qamishli. Ces derniers ont protesté vendredi contre le régime du président Bachar el-Assad. Photo AFP
Depuis samedi matin, des centaines d'habitants de Tall Kalakh, encerclée par les forces de l'ordre, fuient vers le Liban. Le maire de Moqaibleh, dans la zone frontalière, Rami Khazaal, a estimé à près d'un millier le nombre de Syriens ayant passé la frontière samedi. Certains d'entre eux présentaient des blessures par balles. De son côté, le journal al-Watan, proche du régime, a affirmé que des hommes armés avaient fui Banias et Homs, et trouvé refuge à Tall Kalakh. Le ministre de l'Information, Adnane Mahmoud, avait annoncé vendredi l'ouverture d'un dialogue national pour sortir de la crise, de même que le retrait graduel de l'armée des foyers de la contestation, Banias et Deraa. Mais un militant a indiqué qu'à Banias, les chars s'étaient retirés du centre, mais que « les soldats et les forces de sécurité (y) étaient toujours présents ».
La répression a fait en deux mois plus de 700 morts et a entraîné des milliers d'arrestations à travers la Syrie, suscitant de vives critiques au niveau international. Le pape Benoît XVI a appelé hier à mettre un terme à l'effusion de sang, estimant qu'il était « urgent de restaurer une cohabitation marquée par la concorde et l'unité ».
Par ailleurs, le responsable de la Ligue syrienne des droits de l'homme, Abdel Karim Rihawi, a indiqué qu'une cour d'appel avait confirmé la décision de relâcher l'opposant Riad Seif, sans préciser le montant de la caution versée. M. Seif, qui souffre d'un cancer, avait été inculpé le 8 mai pour avoir enfreint l'interdiction de manifester, selon l'avocat Khalil Maatouk. L'opposant, âgé de 64 ans, a purgé une peine de deux ans et demi de prison (janvier 2008-juillet 2010) pour avoir appelé à la démocratie. Déjà en 2001, il avait été condamné à cinq ans de prison sous l'accusation d'avoir voulu « changer la Constitution d'une manière illégale ».
Le mouvement de contestation en Syrie a débuté à Damas le 15 mars, à l'appel d'une page Facebook, avant de s'étendre à d'autres villes. Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l'état d'urgence et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime.
(Source : agences)

