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Culture - Exposition

Les mythes distordus de Nihad el-Turk

Pour son premier accrochage individuel à Beyrouth, le jeune artiste syrien Nihad el-Turk présente une série de toiles grand format qui revisitent les mythes. À la galerie Ayyam* jusqu'au 30 juin.

Sur la sombre palette de l’artiste pointe une lueur d’espoir

Sur la palette de Nihad el-Turk, sa vie, ce laboratoire d'expériences, se transforme en couleurs « atones » et en formes distordues. Une esthétique très personnelle qui exprime son dur parcours.
Né à Alep d'une famille très pauvre, l'artiste syrien, contraint à abandonner ses études, fait face très jeune aux peines et angoisses et vit les affres de la prison. Il s'évadera par la suite dans ce monde pictural pour fustiger l'injustice sociale dont il a fait les frais. « Déjà, à l'école, je dessinais beaucoup, avoue-t-il. Plus tard, sous l'influence de mes frères, tous deux artistes, je me lançais dans cette voie qui me semblait la plus authentique. »
Un seul être occupe le centre de la toile de Nihad el-Turk. Anamorphique, monstrueux, mi-humain, mi-animal, il est à la fois arbre de vie, cerveau humain ou champignon nucléaire. Il évoque ainsi tous les symboles et les mythes régissant la planète. « J'ai toujours été séduit par les films de science-fiction et étonné devant ce que peut générer la terre d'inhumain. » Dans ce magma de teintes ternes mais cependant en ébullition, de petites créatures assurent un dialogue avec le néant et la liaison sur la toile.

Libéré des contraintes académiques
Ce symbolisme est illustré par des caractères récurrents. Le mal, devenu personnage, le corbeau, autre caractère très présent sur la toile - « j'aime cet oiseau », avouera l'artiste -, ou encore ces formes humanoïdes difformes ou déformées, tout constitue une composition sombre, apocalyptique. Malgré cette noirceur qui envahit son espace et plus récemment ces lavis de rouge qui font état de son pays meurtri, l'artiste garde l'espoir et l'exprime en filigrane.
Nihad el-Turk est un esprit débridé qui n'accepte aucune contrainte. Certes, il regrette parfois de n'avoir pu poursuivre ses études. « J'ai gagné par contre en liberté, affirme-t-il. Ma technique très éloignée des méthodes académiques est devenue ma touche personnelle. Je n'emprunte rien aux règles de perspective, de formes ou de lumière. Je crée les miennes et me les approprie. » En effet, les coups secs de crayon au-dessus de l'acrylique traduisent sa signature, son empreinte sur la toile.
C'est un vocabulaire libre que s'est construit avec le temps Nihad el-Turk et qui exprime toutes les contrariétés auxquelles il a fait face. Un langage qui tire son esthétique d'une vision personnelle, en perpétuel questionnement.

* Ayyam Gallery - Beirut Tower, rue Zeitouni. Tél : 01-374450/1.
Sur la palette de Nihad el-Turk, sa vie, ce laboratoire d'expériences, se transforme en couleurs « atones » et en formes distordues. Une esthétique très personnelle qui exprime son dur parcours. Né à Alep d'une famille très pauvre, l'artiste syrien, contraint à abandonner ses études, fait face très jeune aux peines et angoisses et vit les affres de la prison. Il s'évadera par la suite dans ce monde pictural pour fustiger l'injustice sociale dont il a fait les frais. « Déjà, à l'école, je dessinais beaucoup, avoue-t-il. Plus tard, sous l'influence de mes frères, tous deux artistes, je me lançais dans cette voie qui me semblait la plus authentique. »Un seul être occupe le centre de la toile de Nihad el-Turk. Anamorphique, monstrueux, mi-humain, mi-animal, il est à la fois arbre de vie, cerveau humain ou champignon...
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