Le message est clair. Sur ce Giro, il y a Alberto Contador et les autres. L’Espagnol a mis à profit la première véritable étape de montagne, hier, pour afficher sa supériorité. Vainqueur sur les pentes de l’Etna, il décroche son premier succès d’étape sur le Tour d’Italie puisqu’il n’avait pas levé une seule fois les bras lors de son sacre en 2008. Mais l’essentiel est ailleurs, dans l’ampleur de sa victoire. Seul José Rujano a pu suivre le Madrilène presque jusqu’au bout ; il était déjà très loin au général. En revanche, tous les rivaux attendus de Contador ont été lessivés en Sicile. Au point que l’on peut se demander si cette 94e édition n’est pas déjà pliée.
L'Italien Stefano Garzelli a réglé le premier groupe de poursuite, pour la troisième place, à une cinquantaine de secondes, devant son compatriote Vincenzo Nibali.
Au classement général provisoire, Contador précède le Bélarusse Kanstantsin Siutsou de 59 secondes et le Français Christophe Le Mével de 1 min 19 sec.
Nibali compte désormais 1 min 21 sec de retard sur l'Espagnol.
Le grimpeur espagnol, âgé de 28 ans, a enlevé pour la première fois une étape du Giro, dont il a remporté le classement final en 2008.
Le Madrilène est invaincu dans les grands tours depuis 2007, même s'il doit attendre la décision à venir du Tribunal arbitral du sport (TAS) pour le Tour de France 2010 après un contrôle antidopage positif pour lequel il a été blanchi par sa fédération.
Une débâcle chez ses adversaires
Bien sûr, il reste encore deux semaines avant de rallier Milan, et le plus dur reste encore à venir. Mais cela aurait plutôt tendance à inquiéter la concurrence... Contador peut connaître un jour sans.
Il peut perdre ce Giro. Mais les autres ne peuvent plus le gagner. Dans cette étape sicilienne de 169 kilomètres, un groupe de neuf coureurs échappés dès la première heure (Visconti, Bakelants, Savini, Chérel, Lastras, Vanotti, Frank, Horrach, Popovych) a abordé la montée finale de 20 kilomètres avec trois minutes d'avance.
Mais lorsqu'il a démarré à sept kilomètres du sommet, sur des pourcentages pourtant pas excessifs, ce fut la débâcle. Michele Scarponi a certes réussi à revenir au contact.
Mais un kilomètre plus loin, il a à son tour lâché prise pour de bon. José Rujano, qui avait pris les devants dans cette ascension finale, s'est accroché. Puis le petit grimpeur vénézuélien a rendu les armes sur une dernière accélération de Contador, peu avant la flamme rouge.
Le Néerlandais Pieter Weening, qui portait le maillot rose depuis son succès mercredi à Orvieto, avait lâché prise pour sa part avant les 10 derniers kilomètres.
L'Espagnol voulait, aussi, la victoire d'étape. Comme pour mieux marquer son territoire.
Le peloton du Giro doit prendre l'avion en soirée de Catane pour se rendre sur la côte adriatique où l'attend aujourd'hui la première journée de repos (à Termoli).

