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Moyen Orient et Monde - Ben Laden

Pluie de critiques aux États-Unis après les fuites sur le raid d'Abbottabad

L'accumulation dans la presse des détails du raid mené contre Oussama Ben Laden au Pakistan provoque une pluie de critiques contre la Maison Blanche, accusée de ne pas savoir garder un secret et de compromettre les opérations futures.

Pour Michael Scheuer, un ancien agent de la CIA, les fuites dans l'administration Obama sont "hors contrôle"./

Depuis l'opération du 2 mai contre la résidence du chef d'el-Qaëda à Abbottabad (Pakistan), chaque jour a apporté son lot de révélations sur l'opération des forces spéciales américaines.
Le lendemain de l'opération, le directeur de la CIA Leon Panetta a lui-même confirmé que les Navy Seals avaient mené l'assaut.
Face à des médias avides de précisions, des responsables américains sous couvert d'anonymat ont identifié l'unité des Seals -censée être secrète- qui est intervenue, ont révélé l'utilisation d'un hélicoptère inconnu jusqu'alors, l'existence d'une planque de la CIA à proximité de la résidence de Ben Laden et une kyrielle de détails sur les documents récupérés dans sa maison.
Pour Michael Scheuer, un ancien agent de la CIA, les fuites dans l'administration Obama sont "hors contrôle".
"Les informations sur l'hélicoptère furtif, sur la planque de la CIA, sur les habitudes de Ben Laden, ses contacts... Tout ça compromet les futures opérations" et les rendra "plus difficiles et probablement plus dangereuses", a-t-il estimé.
Certains tiennent la Maison Blanche pour responsable de ces fuites, d'autres soupçonnent des députés, des sénateurs et leur équipe mis au courant de l'opération.
Le secrétaire à la Défense Robert Gates, un vétéran de la CIA et ancien directeur de l'agence de renseignement, a publiquement manifesté son irritation en confiant jeudi que les principaux collaborateurs de Barack Obama, réunis à la Maison Blanche pour suivre l'opération en direct, avaient accepté d'en taire les détails.
"Tout s'est effondré le lundi, le lendemain", s'est-il désolé.
Il ne s'agissait pas pour lui de critiquer quiconque mais de manifester son inquiétude face à la divulgation de secrets essentiels pour la sécurité nationale, a précisé son porte-parole Geoff Morrell.
"Des sources anonymes qui révèlent des informations secrètes sur les tactiques, l'entraînement et l'équipement d'unités secrètes mettent en danger notre capacité à mener des opérations semblables à l'avenir", a-t-il expliqué.
Conséquence de ces fuites, la sécurité entourant les Navy Seals va être revue après que certains d'entre eux ont fait part de leurs craintes concernant la sécurité de leur famille, selon M. Gates.
Pour le colonel en retraite Roland Guidry, un vétéran des forces spéciales, "la visibilité donnée par l'administration au JSOC (le commandement des opérations spéciales, ndlr) et aux Seals va rendre leur travail plus difficile".
Il a notamment accusé l'équipe de Barack Obama de "fanfaronner" en divulguant les tactiques des Seals et les informations sur les disques durs découverts chez Oussama Ben Laden ainsi que ses méthodes de communication avec les responsables d'el-Qaëda.
"La sécurité opérationnelle avant la mission a été superbe mais la sécurité opérationnelle post-mission pue", a-t-il affirmé au National Journal, en évoquant les mesures pour garder secrètes les étapes de la traque de Ben Laden.
Depuis le 11-Septembre, les agences américaines de renseignement et de maintien de l'ordre ont amélioré le partage d'informations entre elles, multipliant d'autant le risque de fuites.
La CIA et au moins neuf autres agences gouvernementales se penchent actuellement sur les documents retrouvés chez Ben Laden et les renseignements qu'elles mettent au jour circulent assez largement au sein de l'administration pour tenter d'empêcher un éventuel attentat.
Depuis l'opération du 2 mai contre la résidence du chef d'el-Qaëda à Abbottabad (Pakistan), chaque jour a apporté son lot de révélations sur l'opération des forces spéciales américaines.Le lendemain de l'opération, le directeur de la CIA Leon Panetta a lui-même confirmé que les Navy Seals avaient mené l'assaut.Face à des médias avides de précisions, des responsables américains sous couvert d'anonymat ont identifié l'unité des Seals -censée être secrète- qui est intervenue, ont révélé l'utilisation d'un hélicoptère inconnu jusqu'alors, l'existence d'une planque de la CIA à proximité de la résidence de Ben Laden et une kyrielle de détails sur les documents récupérés dans sa maison.Pour Michael Scheuer, un ancien agent de la CIA, les fuites dans l'administration Obama sont "hors contrôle"."Les...
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