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Liban - Gouvernement

Les pluies de mai balaient l’optimisme factice insufflé par le 8 Mars

En dépit du déblocage sur le plan du portefeuille de l'Intérieur, le climat général ne semble pas annoncer une naissance imminente du gouvernement, et le Premier ministre désigné s'est rendu à Tripoli pour le week-end.

Aux dernières nouvelles, ce sont de nouveau les parts qui posent problème, le chef de l'État estimant avoir droit à un autre ministre maronite, puisque celui choisi pour l'Intérieur fait l'objet d'un consensus et ne peut donc être considéré comme faisant partie de « ses » ministres. Or, le chef du Bloc du changement et de la réforme exige pour sa part 5 ministres maronites sur six (dans un gouvernement de trente), puisque son bloc parlementaire comprend dix-neuf députés maronites. Ce n'est d'ailleurs pas le seul nœud persistant, puisque la représentation de l'opposition sunnite pose encore problème ainsi que l'attribution des portefeuilles dits importants, notamment à l'émir Talal Arslane.
En d'autres termes, on n'est pas encore sorti de l'auberge, en dépit de l'appel pour l'accélération du processus de formation du gouvernement lancé jeudi par les chefs religieux réunis dans le cadre du sommet de Bkerké.
L'incertitude gouvernementale et le climat opaque qui l'entoure ont constitué hier le gros des déclarations de la classe politique, le 14 Mars ne cachant pas sa satisfaction devant ce que ses représentants appellent « l'échec flagrant du 8 Mars ». Le député Ziyad Kadri a ainsi affirmé que le 8 Mars cherche à compléter son coup d'État sur les institutions en tentant d'imposer sa volonté au président de la République et au Premier ministre désigné. Selon lui, le 8 Mars cherche ainsi à exécuter des projets qui éloigneront le Liban de son environnement et le pousseront à revenir sur les conventions et les accords qu'il a déjà signés, tout en le plaçant dans l'axe syro-iranien. De son côté, l'ancien ministre et conseiller de Saad Hariri, Mohammad Chatah, a estimé qu'il serait mauvais de songer à revenir à un gouvernement d'union nationale, car il finirait par des démissions, comme ce fut le cas précédemment. Il a aussi indiqué qu'il faut à tout prix former un gouvernement car, selon lui, la situation des Libanais est devenue intenable.
Le député Ammar Houri a été encore plus critique, affirmant que l'optimisme affiché au cours des derniers jours est artificiel et non fondé sur des éléments concrets. Ce qui ne l'a pas empêché de marteler que la formation d'un gouvernement est une nécessité absolue dans cette période délicate pour l'ensemble de la région et sur le plan de la situation économique. Houri a précisé que le camp du 8 Mars répand des rumeurs optimistes de temps à autre pour remplir le vide institutionnel et pour dissimuler son incapacité à surmonter ses contradictions internes depuis son coup d'État du 11 janvier, lorsqu'il a entraîné la chute du gouvernement d'union nationale. « Chaque vent d'optimisme ne dure que le temps de souffler, a déclaré Houri, car les contradictions et les divergences ne tardent pas à resurgir. Ce qui montre bien que la nouvelle majorité n'a ni un programme commun ni la même approche pour les principaux sujets régionaux et locaux... » Houri a encore estimé que si Berry a affirmé que les autorités syriennes veulent accélérer le processus de gouvernement, il est devenu clair, à travers les déclarations récentes du Hezbollah selon lesquelles il ne peut - et ne veut - pas exercer de pressions sur le général Aoun, que c'est ce dernier qui entrave la naissance du gouvernement, avec l'aval du Hezbollah. En d'autres termes, si la Syrie voulait un gouvernement au Liban, ce serait donc l'Iran qui multiplierait les entraves face à la naissance de ce gouvernement. Houri a encore affirmé que le climat actuel lui rappelle celui qui prévalait avant la chute du gouvernement de Saad Hariri, avec les discours sur les armes et sur le TSL, l'objectif étant selon lui de placer le Liban dans une position d'hostilité envers la communauté internationale.
De son côté, le Forum de la liberté et de la justice a tenu hier une réunion au bureau du ministre Michel Pharaon, en présence des députés Marwan Hamadé, Fouad el-Saad, Henri Hélou, Serge Torsarkissian, Antoine Saad, et des anciens députés Mohammad Abdel Hamid Beydoun, Salah Haraké et Ghattas Khoury. Le communiqué publié à l'issue de la réunion, qui a été lu par Kamal Yazigi, a dénoncé la paralysie des institutions qui a résulté du retournement contre le gouvernement d'union nationale, à un moment où le Liban a besoin d'un haut niveau de cohésion nationale. Le communiqué dénonce aussi ce qu'il appelle « la persistance de l'entêtement de la nouvelle majorité, et à sa tête le Hezbollah, qui peut mener vers un gouvernement monocolore mais aboutira certainement à mettre le Liban à découvert ». Selon le communiqué, le véritable problème réside dans le fait que le Hezbollah n'a pas tiré les leçons des changements qui s'opèrent dans la région. Au lieu de suivre l'exemple du Hamas qui a choisi la voie de la réconciliation interne, il préfère se réfugier derrière la théorie du complot, face à la revendication de liberté et de démocratie. Étant donné l'impossibilité de former un gouvernement de sauvetage, dégagé de toute tutelle des armes, le Forum de la liberté et de la justice invite les composantes de la société civile à créer un réseau de sécurité sociale qui dépasse les clivages et les considérations communautaires pour jeter les bases d'une nouvelle coexistence de nature à protéger le Liban.
Pour sa part, le Hezbollah a continué à se déclarer optimiste au sujet d ‘une formation prochaine du gouvernement. Sayyed Ibrahim Sayyed a estimé au cours d'une cérémonie à Baalbeck qu'il existe certes encore des problèmes, « mais on se dirige vers la solution », a-t-il précisé.
Cet optimisme n'est pas tout à fait partagé par le Bloc du changement et de la réforme. Le député Farid el-Khazen a ainsi déclaré que le nœud de l'Intérieur cachait l'existence de beaucoup d'autres problèmes, et les concessions faites par le Bloc du changement et de la réforme ont fait tomber les masques. Il a encore précisé qu'auparavant, on ne discutait de rien d'autre avant de résoudre « le nœud de l'Intérieur ». Maintenant, il va falloir parler des autres questions en suspens et tout le monde peut constater que ce n'est pas le Bloc du changement et de la réforme qui pose les entraves à la formation du gouvernement.
Aux dernières nouvelles, ce sont de nouveau les parts qui posent problème, le chef de l'État estimant avoir droit à un autre ministre maronite, puisque celui choisi pour l'Intérieur fait l'objet d'un consensus et ne peut donc être considéré comme faisant partie de « ses » ministres. Or, le chef du Bloc du changement et de la réforme exige pour sa part 5 ministres maronites sur six (dans un gouvernement de trente), puisque son bloc parlementaire comprend dix-neuf députés maronites. Ce n'est d'ailleurs pas le seul nœud persistant, puisque la représentation de l'opposition sunnite pose encore problème ainsi que l'attribution des portefeuilles dits importants, notamment à l'émir Talal Arslane.En d'autres termes, on n'est pas encore sorti de l'auberge, en dépit de l'appel pour l'accélération du processus de formation du...
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