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Moyen Orient et Monde - Contestation

Saleh s’engage à résister aux appels exigeant son départ

Trois manifestants et huit soldats tués au Yémen.

Une vue générale des manifestations des opposants, hier à Sanaa. Ahmad Jadallah/Reuters

Trois manifestants ont été tués hier au Yémen où le président Ali Abdallah Saleh s'est engagé à « se défendre de toutes ses forces », rejetant les appels des opposants à son départ et des États-Unis à une transition immédiate dans le pays. Les trois contestataires ont été tués par des tirs de soldats fidèles au président Saleh à Ibb, au sud-est de Sanaa, selon l'opposition et des témoins, portant à 22 le nombre de manifestants tués depuis mercredi, des violences « fermement » condamnées par les États-Unis. Par ailleurs, cinq soldats ont été tués dans une attaque attribuée à el-Qaëda dans l'est du Yémen alors que trois militaires étaient tués par des éléments tribaux dans le Sud, illustrant l'instabilité dans le pays.
« Nous ne demeurerons pas les bras croisés face aux hors-la-loi », a affirmé M. Saleh, qui a traité l'opposition parlementaire de « saboteurs et de bandits de grand chemin » et l'a appelée à « cesser de jouer avec le feu ». « Le peuple yéménite et ses forces armées seront acculés à défendre leurs institutions, leurs quartiers et leurs villages », a-t-il poursuivi face à la foule qui scandait « Le peuple veut Ali Abdallah Saleh ». « Nous nous défendrons de toutes nos forces et par tous les moyens », a-t-il ajouté devant ses partisans, acheminés comme tous les vendredis de diverses provinces pour faire contrepoids aux opposants qui campent sur une place de Sanaa pour réclamer son départ.
Pour le porte-parole de l'opposition parlementaire, Mohammad Qahtan, ces propos sont une « véritable déclaration de guerre ». Il a annoncé l'intensification du mouvement de protestation dans les prochains jours et sa transformation en « mouvement de désobéissance civile qui aboutirait à la chute du président ». L'opposition a défilé massivement dans le pays pour exiger le départ immédiat de M. Saleh. Les opposants se sont rassemblés aux abords de la place du « Changement » où ils campent depuis le 21 février et se sont dirigés vers un cimetière proche pour enterrer plusieurs des victimes des heurts de mercredi. Ils sont restés dans la partie de la capitale contrôlée par les troupes du général Ali Mohsen al-Ahmar, commandant de la région nord-est rallié depuis mars aux contestataires. Les forces du général al-Ahmar contrôlent le nord et l'ouest de la capitale, les forces fidèles au président Saleh tenant le reste de la ville. Blindés et soldats étaient déployés le long de la rue Zubeiri, qui partage les deux secteurs.
« Dégage », répétaient les manifestants qui proclamaient aussi leur refus du plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe, car il accorde l'immunité au président et à ses proches en échange de sa démission. Le chef de l'État a refusé de signer ce plan, et en raison de ce refus, le Qatar a annoncé jeudi son retrait de la médiation. M. Qahtan a estimé que ce plan est « mort, et le Qatar a proclamé son acte de décès ». Washington a condamné jeudi la violence du régime yéménite et appelé « toutes les parties à signer » ce plan « immédiatement ». Human Rights Watch a demandé aux médiateurs de ne pas accorder l'immunité au président en raison « des attaques répétées et meurtrières de ses forces de sécurité contre des manifestants pacifiques ».
Enfin, le Haut-Commissariat de l'ONU aux Droits de l'homme a annoncé hier qu'il avait reçu l'autorisation des autorités yéménites d'envoyer une mission d'évaluation des violences survenues lors des récentes manifestations. La répression de la contestation a fait au moins 179 morts depuis fin janvier, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources médicales et de sécurité.
(Source : AFP)
Trois manifestants ont été tués hier au Yémen où le président Ali Abdallah Saleh s'est engagé à « se défendre de toutes ses forces », rejetant les appels des opposants à son départ et des États-Unis à une transition immédiate dans le pays. Les trois contestataires ont été tués par des tirs de soldats fidèles au président Saleh à Ibb, au sud-est de Sanaa, selon l'opposition et des témoins, portant à 22 le nombre de manifestants tués depuis mercredi, des violences « fermement » condamnées par les États-Unis. Par ailleurs, cinq soldats ont été tués dans une attaque attribuée à el-Qaëda dans l'est du Yémen alors que trois militaires étaient tués par des éléments tribaux dans le Sud, illustrant l'instabilité dans le pays.« Nous ne demeurerons pas les bras croisés face aux hors-la-loi », a...
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