Kadhafi précise également qu'il fait cette déclaration après avoir reçu une avalanche d'appels téléphoniques s'enquérant de son sort après le bombardement aérien de l'OTAN, jeudi, sur la caserne Bab al-Aziziah, au cœur de Tripoli, où il habite normalement.
Malgré le démenti de Tripoli, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a réaffirmé hier que Mouammar Kadhafi avait probablement été blessé par des raids de l'OTAN et qu'il ne se trouvait sans doute plus dans la capitale libyenne. « J'ai tendance à donner du crédit aux propos de l'évêque de Tripoli, Mgr (Giovanni Innocenzo) Martinelli, qui est en contact étroit (avec le dirigeant libyen), quand il nous dit que Kadhafi a probablement quitté Tripoli et qu'il a sans doute également été blessé. Nous ignorons où et comment », a déclaré le chef de la diplomatie italienne à la presse. Depuis le début des opérations de l'OTAN, Mgr Martinelli s'est montré critique envers la stratégie occidentale, affirmant que de nombreux civils avaient trouvé la mort lors des raids de la coalition.
Le porte-parole du gouvernement libyen a aussitôt réagi en qualifiant ces propos d'« absurdes ». « (Kadhafi) a le moral, il dirige le pays jour après jour. Il n'est pas du tout blessé », a indiqué Moussa Ibrahim. Interrogé sur le démenti de Tripoli, Frattini a maintenu ses propos.
Alimentant les doutes sur son propre sort, le colonel Kadhafi ne s'est pas montré en public depuis un raid mené le 30 avril par l'OTAN à Tripoli, dans lequel ont péri son plus jeune fils, Saïf el-Arab, et trois de ses petits-enfants. Les autorités libyennes avaient alors accusé l'Alliance atlantique d'avoir tenté de l'assassiner. L'OTAN, qui a pris le commandement des opérations militaires le 31 mars, a démenti prendre pour cible Kadhafi ou sa famille, assurant que les raids aériens visaient des objectifs militaires situés dans le même quartier de Tripoli que le complexe où vit le dirigeant libyen.
La télévision libyenne a diffusé mercredi soir des images de Kadhafi tournées, selon elle, dans la journée lors d'une réunion dans un hôtel de Tripoli avec des chefs tribaux. Dans une interview publiée sur le site Internet du Corriere della Serra, Frattini a mis en doute l'authenticité de ces images. « Je doute fortement que ces images aient été filmées ce jour-là et surtout qu'elles aient été prises à Tripoli », a-t-il dit.
Par ailleurs, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, va demander lundi à la CPI de délivrer un mandat d'arrêt contre Kadhafi, a rapporté hier la radio espagnole Cadena Ser citant des sources proches de la juridiction internationale. Deux autres mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité pourraient également être émis contre l'un des fils du dirigeant libyen, Saïf el-Islam, et contre le chef de l'espionnage libyen, Abdullah as-Senoussi, ajoute la radio. La CPI a refusé de commenter ces informations, mais une porte-parole avait confirmé un peu plus tôt que la demande d'émission de mandats d'arrêt devrait intervenir lundi.
Sur le terrain, un centre du Croissant-Rouge a été atteint hier par des bombardements menés par l'OTAN sur Misrata, seule grande ville de l'Ouest tenue par les rebelles et assiégée depuis deux mois par les forces de Mouammar Kadhafi, selon la télévision libyenne.
Par ailleurs, sur le plan diplomatique, le dirigeant rebelle libyen Mahmoud Jibril s'est rendu hier à la Maison-Blanche, point culminant d'une visite aux États-Unis en forme d'appel à l'aide pour des insurgés à court d'argent.
(Source : agences)


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