En dépit du lourd armement utilisé, rebelles et kadhafistes restent sur leurs positions depuis plus de deux semaines entre le carrefour routier d’Ajdabiya et le site pétrolier de Brega. Saeed Khan/AFP
Sur le front est, chacun est resté sur ses positions depuis plus de deux semaines entre le carrefour routier d'Ajdabiya et le site pétrolier de Brega. Mais selon le Dr Ahmad al-Ignachi, directeur du service des ambulances sur la ligne de front, de violents combats ont fait six morts et 10 blessés parmi les rebelles à mi-chemin entre Ajdabiya et Brega. Le médecin a aussi évoqué la possibilité « de lourdes pertes du côté pro-Kadhafi ». Les rebelles ont en revanche réussi à desserrer l'étau sur Misrata, assiégée par les forces pro-Kadhafi depuis plus de deux mois, en avançant ces derniers jours d'une quinzaine de kilomètres à l'ouest de la ville. Ils ont érigé des barricades et se sont rapprochés de Zliten, une ville située à quelque 150 km de Tripoli. Un ancien colonel de l'armée, Haj Mohammad, chargé des opérations rebelles sur le front de Misrata, avait assuré que cette avancée pouvait se poursuivre, à condition que les bombardements de l'OTAN soient efficaces.
Alors qu'aucune issue ne semble se profiler pour cette révolte transformée en guerre civile, l'ONU a lancé un cri d'alarme sur la situation humanitaire. « Le conflit, l'effondrement des infrastructures du pays et la pénurie d'argent et d'essence causent de sérieux problèmes à la population », a expliqué Valerie Amos, secrétaire générale adjointe de l'ONU, chargée des Affaires humanitaires, évoquant des « pénuries généralisées ». Selon elle, près de 750 000 personnes, essentiellement des travailleurs étrangers, ont fui les violences depuis février. En outre, 5 000 personnes sont bloquées aux frontières avec l'Égypte, la Tunisie et le Niger, et 58 000 autres survivent dans des camps de fortune dans l'Est libyen. L'Égypte a levé l'obligation de visa imposée il y a deux jours aux Libyens, une mesure qui avait semé la panique parmi les ressortissants cherchant à fuir leur pays. Le Haut-
Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a de son côté demandé à tous les navires croisant en Méditerranée de considérer tous les bateaux quittant la Libye pour l'Europe comme « susceptibles d'avoir besoin d'aide », après plusieurs naufrages de bateaux de réfugiés fuyant ce pays. Une porte-parole du HCR, Melissa Flemming, a ainsi confirmé qu'un bateau transportant 600 personnes, pour la plupart originaires d'Afrique sub-saharienne, avait sombré vendredi au large de Tripoli. Selon le HCR, 12 360 personnes fuyant la Libye sont arrivées par mer ces derniers mois en Italie et à Malte. « L'Europe a pour l'instant accueilli moins de 2 % de ceux fuyant la Libye », a encore relevé Mme Flemming.
(Source : AFP)


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