Les leaders du CCG réunis hier à Riyad. Al-Riyadh Newspaper/ AFP
Le quotidien saoudien al-Watan avait affirmé hier que les dirigeants du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar) devraient évoquer « les tentatives de l'Iran de s'ingérer dans leurs affaires intérieures », la tension étant vive entre le groupement régional et Téhéran depuis l'intervention des troupes de la force commune du Golfe à Bahreïn. Les forces du Bouclier de la Péninsule s'étaient déployées à la mi-mars dans le petit royaume pour aider la monarchie sunnite à mater un mouvement de contestation dirigée par les chiites, majoritaires parmi la population autochtone.
La tension avec l'Iran a été alimentée par de récents propos du chef d'état-major des armées en Iran, le général Hassan Firouzabadi, qui a dénoncé le « front des dictatures arabes » du Golfe contre l'Iran et affirmé que « le golfe Persique a toujours appartenu, appartient et appartiendra toujours à l'Iran ». Les ministres de l'Intérieur du CCG ont dénoncé hier ces propos « provocateurs et irresponsables » du général Firouzabadi. « Le Golfe est arabe et il le restera », ont-il affirmé.
Le sommet du CCG devait également évoquer la décision du groupement régional, annoncée en mars, de créer un fonds de développement de 20 milliards de dollars pour aider Bahreïn et Oman, deux pays du CCG qui ont connu des troubles.
Par ailleurs, les dirigeants des monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont exhorté hier le président yéménite Ali Abdallah Saleh à signer leur plan de sortie de crise. Cet accord, accepté par l'opposition et le régime yéménite mais que le président Saleh refuse de signer, est « l'unique et le meilleur moyen de sortir de la crise et d'épargner au Yémen davantage d'insécurité et de divisions politiques », a-t-il ajouté.
Les dirigeants du CCG se sont déclarés en outre favorables à une adhésion de la Jordanie et du Maroc à leur groupement régional, a annoncé Abdellatif Zayani. La Jordanie est un pays voisin de l'Arabie saoudite, mais le Maroc, un pays d'Afrique du Nord, est situé géographiquement loin des membres du CCG. Ces deux pays sont en revanche des monarchies au même titre que les pays du CCG. Le secrétaire général du CCG a lu devant les journalistes un bref communiqué, sans donner aucune explication à ces décisions inattendues, la Jordanie et le Maroc n'ayant pas fait acte, du moins publiquement, d'une demande d'adhésion au CCG, un club fermé depuis sa création en 1981. En revanche, le Yémen, pays pauvre de la péninsule Arabique, cherche depuis de longues années à obtenir une pleine adhésion au CCG, qui ne lui a ouvert que certains de ses organismes techniques.
Depuis la tenue du dernier sommet du CCG en décembre à Abou Dhabi, le monde arabe a connu des bouleversements majeurs qui ont suscité l'inquiétude de ces monarchies pétrolières, dont le président égyptien Hosni Moubarak était notamment un fidèle allié.
Des pays du CCG et notamment le Qatar sont activement impliqués dans l'effort international contre le régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Mais dans le reste des crises arabes, les pays du CCG semblent plutôt en faveur d'une issue négociée.
Sur le dossier de la Syrie, également secouée par un mouvement de contestation populaire, les pays du CCG ont démenti avoir proposé leurs bons offices, bien que des responsables de cet ensemble régional s'y soient rendus récemment pour rencontrer le président Bachar el-Assad.
(Source : AFP)

