Ce raid est survenu quatre jours après la mort de l'homme le plus recherché au monde, Oussama Ben Laden. /
"Le véhicule a été légèrement touché" dans le raid "mené par un drone américain" et ses occupants ont pu poursuivre leur chemin à bord d'une autre voiture, a-t-il ajouté sans préciser l'identité du Saoudien accompagnant l'imam.
Ce membre de l'influente tribu des Awalaq et également un responsable de l'adminitration locale à Ataq confirmait ainsi des informations des médias américains -Wall Street et la chaîne de télévision CBS- selon lesquels l'imam avait échappé à un missile tiré depuis un drone américain au Yémen.
Ce raid est survenu quatre jours après la mort de l'homme le plus recherché au monde, Oussama Ben Laden, tué dans une opération des forces spéciales américaines au Pakistan le 1er mai.
Si l'Aqpa a fait profil bas depuis la mort de Ben Laden, la prière de l'absent a été dite vendredi à la mémoire du fondateur d'el-Qaëda dans des mosquées de Hadramout (est du Yémen), ville dont est originaire sa famille, selon des habitants.
Selon le responsable à Ataq, deux activistes de l'Aqpa, issue de la fusion des branches saoudienne et yéménite d'el-Qaëda, ont péri par le tir d'un deuxième missile contre le véhicule touché de l'imam à bord duquel ils avaient embarqué.
À Aden, principale ville du Sud, un responsable des services de sécurité avait indiqué jeudi que deux membres d'el-Qaëda avaient été tués lors d'un tir de missile qui visait un chef local du réseau non identifié dans la région de Nissab, un village relevant administrativement d'Abadane.
Il s'agissait des frères Abdallah et Moubarak Al-Harad, des activistes de l'Aqpa, selon des habitants.
Le ministère yéménite de la Défense avait annoncé sans autre précision la mort de deux chefs d'el-Qaëda dans le Sud.
Considéré comme une menace aussi grande qu'Oussama Ben Laden par les États-Unis, Anwar Al-Aulaqi est soupçonné par Washington de liens avec le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, auteur de l'attentat manqué du 25 décembre 2009 sur un avion de ligne américain.
Al-Aulaqi est aussi connu pour avoir entretenu une correspondance avec le commandant américain Nidal Hassan, l'auteur présumé de la fusillade qui a fait 13 morts sur la base de Fort Hood (Texas) en novembre 2009.
Placé par Washington sur sa liste des cibles à éliminer, l'imam avait été visé, selon les autorités, par un raid de l'aviation yéménite le 24 décembre 2009 dans la province de Chabwa, qui avait fait 34 morts. Mais il ne s'y trouvait pas au moment du raid, selon les services de sécurité.
Des drones américains sont déployés au Yémen depuis plusieurs mois pour traquer les éléments du réseau el-Qaëda, de plus en plus actifs dans le pays.
Samedi à l'aube, un combattant d'el-Qaëda a été tué et deux autres blessés dans un affrontement armé avec des gardiens d'une ferme du président Ali Abdallah Saleh dans le sud du Yémen, selon un responsable de la sécurité.
M. Saleh, confronté depuis janvier à un mouvement de contestation populaire, fut pendant des années un allié des États-Unis dans la lutte contre les émules d'Oussama ben Laden. Mais les Américains l'ont récemment appelé à favoriser une transition du pouvoir, laissant entendre qu'ils poursuivraient la lutte antiterroriste avec une future direction.

