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Moyen Orient et Monde - Témoignages

À Damas, « on sent la tension »

Certains habitants de la capitale disent en avoir assez des manifestations qui portent un coup à l'économie.

De nombreux cafés et restaurants de la capitale ont perdu leurs clients qui rentrent désormais tôt chez eux le soir. Louai Beshara/AFP

Alors que les manifestations commencent à gagner les banlieues de Damas, l'inquiétude se propage dans la capitale, quadrillée par les forces de sécurité. « La crainte commence le vendredi. Ce jour qui était notre jour de repos et de détente est devenu un cauchemar », confie Soha, étudiante à l'université de Damas. « Parfois, j'ai l'impression que nous sommes en guerre, mais contre qui ? »
« La vie ici est presque normale. Les gens sortent, mais bien sûr ce n'est pas comme avant la contestation, témoigne Dima, 28 ans, habitante de Damas. On sent la tension. » Ces témoignages n'ont toutefois pu être vérifiés de source indépendante, la plupart des journalistes étrangers n'étant plus autorisés à travailler en Syrie depuis le début des manifestations, il y a six semaines.
Imad Assi, 35 ans, qui travaille dans une entreprise privée, dit que les gens en ont assez des manifestations qui portent un coup à l'économie. « De nombreux Syriens travaillent à la journée, et s'il n'y a pas de travail, ils savent qu'ils ne pourront pas nourrir leurs enfants. Cette situation dure depuis des semaines. Les gens en ont assez. » « Oui, on veut tous la liberté, mais qu'est-ce que je vais en faire si je ne peux pas nourrir mes enfants ? C'est ce que beaucoup de gens se demandent », dit-elle.
Un militant de Damas explique que de nombreux cafés et restaurants de la capitale ont perdu leurs clients qui rentrent désormais tôt chez eux le soir et restent en famille. « Au début, les choses étaient normales, puis ça a commencé à changer. Les gens sont inquiets maintenant. Ils ne savent pas où va le pays. Allons-nous devenir comme en Irak ? s'interroge-t-il. Un soir, je n'ai pas pu trouver de taxi pour rentrer chez moi. Ce n'était jamais arrivé à Damas. »
Damas, l'une des plus anciennes capitales au monde, regorge de sites archéologiques, comme la mosquée des Omeyyades construite au VIIIe siècle, qui ont contribué à un développement fulgurant du tourisme ces trois dernières années. La Syrie attendait 8,5 millions de visiteurs en 2011, mais le secteur du tourisme risque d'être durement touché par les troubles.
Des habitants ont commencé à puiser dans leurs économies. D'autres disent que les rumeurs ajoutent à leurs inquiétudes. « On entend dire un matin qu'on est à court de pain et on se précipite pour en acheter. Un autre jour, le bruit court qu'il y a pénurie de combustible et on tente d'en stocker, explique Dima, 38 ans, mère de deux enfants. On sait que ce ne sont peut-être que des rumeurs, mais qu'adviendra-t-il si un jour ce n'est pas le cas ? Je ne peux pas prendre le risque. »
Un commerçant du marché de Hamidiya, un souk couvert construit en 1863, confie qu'il ferme plus tôt en semaine et a cessé d'ouvrir le vendredi. « Nous perdons de l'argent. Nous avions l'habitude de faire nos meilleures journées le vendredi. Je ferme parce que j'ai peur. Je ne tiens pas à ce que moi ou mes employés soyons pris brusquement entre les forces de sécurité et les manifestants. »
« Nous ne savons pas de quoi l'avenir sera fait, dit Mona, une habitante. Quiconque a un téléphone ou un ordinateur portable est suspect. C'est confisqué. Les gens ont peur. » « Je n'aurais jamais imaginé à quel point la stabilité est précieuse. Je me plaignais avant et je pensais que nous ne vivions pas bien, mais après ça, j'aimerais que le bon vieux temps revienne ».

© Reuters

Alors que les manifestations commencent à gagner les banlieues de Damas, l'inquiétude se propage dans la capitale, quadrillée par les forces de sécurité. « La crainte commence le vendredi. Ce jour qui était notre jour de repos et de détente est devenu un cauchemar », confie Soha, étudiante à l'université de Damas. « Parfois, j'ai l'impression que nous sommes en guerre, mais contre qui ? » « La vie ici est presque normale. Les gens sortent, mais bien sûr ce n'est pas comme avant la contestation, témoigne Dima, 28 ans, habitante de Damas. On sent la tension. » Ces témoignages n'ont toutefois pu être vérifiés de source indépendante, la plupart des journalistes étrangers n'étant plus autorisés à travailler en Syrie depuis le début des manifestations, il y a six semaines.Imad Assi, 35 ans, qui travaille dans...
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