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Moyen Orient et Monde - Manifestations Antirégime

Syrie : après la colère, le défi

Après le « vendredi de la colère » la semaine dernière, les opposants syriens appellent à des manifestations de masse aujourd’hui en « défi » au régime de Bachar el-Assad. Parallèlement, l’armée syrienne se retirait « progressivement » de Deraa, tout en procédant à des arrestations massives ailleurs dans le pays.

Des loyalistes portant des portraits de Bachar et de Hafez el-Assad posant sur un char de l’armée syrienne après son retrait de Deraa. « C’est une mise en scène », ont toutefois réagi des militants sur la page SNN sur Facebook.                Louai Beshara/AFP

L'armée a entamé hier un « retrait progressif » de Deraa, place forte de la contestation en Syrie, dix jours après le début des opérations militaires dans cette ville du Hauran. Selon des journalistes de l'AFP sur place, 350 soldats à bord d'une vingtaine de camions suivis d'une vingtaine de transports de troupes ont quitté la ville située à une centaine de kilomètres au sud de Damas dans la matinée. « Nous avons entamé notre départ après avoir accompli notre mission », a affirmé le général Riad Haddad, directeur du département politique de l'armée. « Nous n'avons pas affronté les manifestants, nous poursuivions des bandes terroristes cachées dans plusieurs endroits. En tant qu'armée, nous n'avons jamais affronté les manifestants, nous n'avons jamais utilisé des armes lourdes, sauf des armes automatiques », a-t-il souligné.
L'ONU a annoncé hier qu'une mission humanitaire d'évaluation allait se rendre « dans les prochains jours » à Deraa. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont pu y effectuer hier une première distribution d'aide humanitaire.
Vingt-cinq militaires ont été tués et 177 autres ont été blessés selon lui durant le siège de la ville, débuté le 25 avril. Le mouvement de contestation sans précédent du régime est né à Deraa à la mi-mars. La répression a fait quelque 600 morts dans le pays, en majorité à Deraa, selon des ONG, alors que le nombre de personnes « détenues ou disparues pourrait dépasser les 8 000 », a déclaré mardi Wissam Tarif, directeur exécutif de l'organisation de défense des droits de l'homme Insan.
L'armée syrienne poursuivait hier la campagne d'arrestations avec les forces de sécurité notamment à Sakba, près de Damas. Une habitante de Sakba a raconté à Reuters que des centaines de soldats en tenue de combat avaient procédé à des perquisitions et à des arrestations au cours de la nuit. « Ils ont coupé les communications avant d'arriver. Il n'y a pas eu de résistance. Les manifestations à Sakba ont été pacifiques », a-t-elle dit.
« Plus de 300 personnes ont été arrêtées » hier matin « dont plusieurs dignitaires religieux, par les services de sécurité appuyés par l'armée », a indiqué à l'AFP un militant, joint par téléphone depuis Nicosie. Sur la place centrale de la ville, baptisée « place des Martyrs », les services de sécurité « ont arraché un panneau portant cette inscription et déchiré des photos de martyrs qui y étaient collées », a ajouté le militant. Sept habitants ont été tués à Sakba depuis la mi-mars, selon lui.
Par ailleurs, des dizaines de chars et de blindés et d'importants renforts de troupes se massaient hier à Sahm al-Bahar, à 10 km au sud de Banias (Nord-Ouest), ville encerclée par l'armée depuis plus d'une semaine, a indiqué à l'AFP un militant. « Il semble qu'ils s'apprêtent à attaquer la ville comme ils l'ont fait à Deraa », a affirmé un autre. Quelque 3 000 personnes ont manifesté hier après-midi à Banias, selon l'observatoire syrien des droits de l'homme.
L'armée s'est aussi déployée à Erbin, un faubourg de Damas, et à Tel, au nord de la capitale, où les forces de sécurité ont arrêté au moins 80 hommes, femmes et enfants, dit l'organisation de défense des droits de l'homme Sawasiah.
À Alep (Nord), deuxième ville de Syrie, des partisans du régime ont dispersé par la force un sit-in d'étudiants, selon des militants. Les étudiants, qui se trouvaient dans la faculté de la ville, demandaient la libération de leurs collègues arrêtés récemment.
En dépit de la poursuite du siège d'autres villes et des arrestations massives, les opposants au régime de Bachar el-Assad ont appelé à de nouvelles manifestations aujourd'hui. « Vendredi du défi, le 6 mai 2011, Syrie, la liberté approche, le peuple veut faire tomber le régime », titre le site « The Syrian Revolution 2011 » créé par de jeunes militants.
Sur le plan international, les Etats-Unis et l'Italie ont appelé Damas hier à « cesser les violences et reprendre la voie du dialogue ».
(Source : agences)
L'armée a entamé hier un « retrait progressif » de Deraa, place forte de la contestation en Syrie, dix jours après le début des opérations militaires dans cette ville du Hauran. Selon des journalistes de l'AFP sur place, 350 soldats à bord d'une vingtaine de camions suivis d'une vingtaine de transports de troupes ont quitté la ville située à une centaine de kilomètres au sud de Damas dans la matinée. « Nous avons entamé notre départ après avoir accompli notre mission », a affirmé le général Riad Haddad, directeur du département politique de l'armée. « Nous n'avons pas affronté les manifestants, nous poursuivions des bandes terroristes cachées dans plusieurs endroits. En tant qu'armée, nous n'avons jamais affronté les manifestants, nous n'avons jamais utilisé des armes lourdes, sauf des armes...
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