L’équipe de Dar el-Amal.
Dar el-Amal existe depuis quarante ans. Assis à la table d'honneur, Mozart Chahine, vice-président et cofondateur de l'association, raconte : « En 1969, des assistantes sociales et des sœurs franciscaines m'ont contacté. Elles m'ont expliqué qu'il n'y avait pas d'organisme au Liban ayant pour vocation de s'occuper des prostituées. » L'idée fait son chemin, et la même année, M. Chahine fonde un centre d'accueil dans l'ancien quartier de Zeitouné. Détruit par la guerre, le lieu est déplacé à Sin el-Fil en 1975. L'association s'attribue de nouvelles missions : assistance auprès d'enfants en détresse dès l'âge de huit ans et rénovation des prisons pour femmes. Celle de Baabda d'abord, avec la réfection complète entre 1995 et 2006 d'une maison d'arrêt « pire que Roumieh », selon Randa Sarraf. Puis viendra le tour des établissements pénitentiaires de Tripoli et Zahlé. Les trois prisons voient aujourd'hui passer près de mille femmes par an.
Sous les lustres de l'hôtel Le Bristol, les donateurs s'arrêtent près d'un stand où des bénévoles proposent des étoffes et des bijoux. « Tous ces produits ont été confectionnés par nos pensionnaires et les femmes que nous aidons dans les prisons », explique Hoda Kara, l'une des directrices de l'association. Celle-ci apporte aux incarcérées une aide judiciaire en finançant un avocat, ou encore sanitaire en fournissant des médicaments et un soutien psychologique. « Nous essayons de casser le système malsain qui s'opère dans les prisons, déclare Hoda Kara, en évitant que les prisonnières les plus riches n'exploitent les plus pauvres. » Aussi, Dar el-Amal propose-t-elle à ces femmes de travailler au sein de la prison ; l'association donne des cours d'alphabétisation, d'informatique et suit les prisonnières après la fin de leur incarcération. « Nous voulons faciliter la réinsertion de ces femmes souvent rejetées par la famille et la société », poursuit Hoda. Un objectif incarné par l'ouverture d'un foyer en 2010 à Choueifat. Il propose un accueil de nuit aux femmes comme aux enfants malmenés par la vie. « Nous ne disposions pas de ce type de structure auparavant, explique Mozart Chahine. Désormais, nous pourrons apporter de l'aide de jour comme de nuit. »


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