Par ailleurs, la tension monte depuis quelques jours à la frontière entre la Libye et le Soudan, une situation qui pourrait aggraver encore la crise au Darfour. « La situation en Libye est très instable actuellement et nous avons de réelles inquiétudes concernant le trafic d'armes et la possibilité que ces armes tombent entre les mains des rebelles » du Darfour, a expliqué le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Khaled Moussa.
En ce qui concerne le colonel Kadhafi, M. Kaïm a précisé qu'il « se porte très bien » et qu'il avait rencontré « plusieurs responsables tribaux » avant une grande rencontre tribale prévue jeudi et vendredi. Samedi dernier, un fils du colonel Kadhafi, Seif el-Arab (29 ans), et trois de ses petits-enfants avaient été tués dans un raid visant un bâtiment à Tripoli. L'objectif de l'intervention militaire internationale en Libye « n'est pas de tuer Kadhafi », mais de « cibler des objectifs militaires » de Tripoli et d'arrêter au plus tôt les raids de l'OTAN, a affirmé le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, tout en reconnaissant un « dommage collatéral » avec la mort du fils du dirigeant libyen. « J'espère que cela ne durera pas au-delà de quelques semaines, au plus de quelques mois, mais il est prématuré de parler d'enlisement », a-t-il ajouté. L'Italie a indiqué pour sa part « chercher à fixer un terme » aux opérations militaires en Libye.
Rome accueille aujourd'hui la deuxième réunion du groupe de contact sur la Libye en présence, entre autres, de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton. L'Italie et les États-Unis pourraient mettre sur pied un fonds de financement des rebelles libyens, a indiqué le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore, au lendemain d'un appel des rebelles qui ont demandé de deux à trois milliards de dollars. La France, pour sa part, va proposer « dans les semaines qui viennent » l'organisation d'une « conférence des amis de la Libye » afin de préparer la transition politique dans ce pays, a annoncé le président français Nicolas Sarkozy. Cette annonce a été saluée par le Qatar, un des quatre pays avec la France, l'Italie et la Gambie à avoir reconnu l'organe politique des insurgés, le Conseil national de transition (CNT).
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé de son côté au Conseil de sécurité de l'ONU qu'il demanderait d'ici à quelques semaines l'émission de trois mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité dans le cadre de son enquête sur la répression de manifestations en faveur de la démocratie.
(Source : agences)

