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Liban - Analyse

La révolte en Syrie, facteur possible de déstabilisation au Liban

Les troubles qui secouent actuellement la Syrie pourraient attiser des tensions religieuses susceptibles de franchir la frontière et de destabiliser le Liban où Damas compte autant d'ennemis que d'alliés. La situation est d'ores et déjà tendue au Liban où le Hezbollah, soutenu par l'Iran et la Syrie, est en conflit ouvert avec le Premier ministre Saad Hariri, soutenu par l'Occident et l'Arabie saoudite.

Des manifestants pro-Assad devant l'ambassade syrienne, vendredi, à Beyrouth, encerclés par l'armée libanaise afin d'éviter tout dérapage./Photo

La Syrie, qui a mis fin en 2005 à 29 années de présence militaire au Liban, conserve toujours une grande influence sur le pays.
"Nous avons des parties ici qui sont liées à la Syrie et d'autres qui en sont l'ennemies, ce qui pourrait nous faire plonger dans la crise. Dieu nous en garde mais le Liban n'est pas à l'abri, quelque chose pourrait se produire ici", déclare l'analyste Nabil Bou Monsef.
Le soulèvement populaire en Syrie, où 400 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis la mi-mars selon une organisation syrienne de défense des droits de l'homme, met aux prises le président Bachar el-Assad, issu de la minorité alaouite (une branche du chiisme), à une population majoritairement sunnite. Les alaouites, fidèles au régime baassiste d'Assad, occupent des fonctions stratégiques au sein de l'armée et les postes clés de l'appareil de sécurité sont aux mains de membres du clan du chef de l'État.
"S'il y a une tension religieuse entre les alaouites et les sunnites en Syrie, elle va de toute évidence déborder sur le Liban", estime un analyste libanais, faisant référence à des affrontements qui ont opposé par le passé alaouites et sunnites dans le nord du Liban.
"D'un côté, nous avons de plus en plus de sunnites radicaux, c'est évident, et c'est le cas dans l'ensemble du Moyen-Orient, et de l'autre nous avons des chiites qui se radicalisent en raison du conflit entre l'Iran et les États du Golfe. Tout cela prend de l'ampleur, nous devrions donc avoir peur. Nous ne sommes pas à l'abri."


"Un prix plus élevé"?


"Lorsque la situation dans ces pays est stable, nous payons un prix élevé en raison de leur ingérence, alors imaginez maintenant s'il y a des troubles. Nous payerons un prix encore plus élevé."
Pour des raisons de sécurité, la plupart des analystes libanais ont refusé de s'exprimer ou d'être nommés.
Signe de la tension grandissante, le Hezb el-Tahrir, sunnite, a organisé vendredi dernier une manifestation hostile à Assad dans le ville de Tripoli, dans le nord du Liban, et ont réclamé l'instauration d'un califat islamique.
Certains analystes ont indiqué que le Hezbollah pourrait être tenté de renforcer ses relations avec les hommes politiques fortunés libanais s'il observait des signes d'affaiblissement du régime de son allié syrien.
Après quinze ans de guerre civile (1975-1990), de nombreux Libanais estiment que la justice n'a pas été rendue et conservent des armes à portée de main, dont des fusils d'assaut AK-47 et des lance-roquettes.
"Il y a déjà de nombreuses tensions au Liban et les troubles en Syrie vont compliquer les relations au Liban, notamment entre le Courant du futur dirigé par Hariri et le Hezbollah", note un professeur de sciences politiques d'une université libanaise.
Les autorités syriennes, qui tentent de réprimer cinq semaines de contestation sans précédent, acccusent un député du parti d'Hariri, Jamal Jarrah, d'attiser les manifestations et de fournir des armes aux manifestants.
"Le Liban est stable lorsque la Syrie est stable. Il n'y a pas de sécurité au Liban sans sécurité en Syrie", a déclaré le député du Hezbollah, Nawaf Moussawi lors d'une conférence de presse.
Le président de la Chambre, Nabih Berry, proche de la Syrie, avait indiqué mardi que le Liban devait "se soucier de la sécurité en Syrie et de la stabilité davantage encore que les Syriens eux mêmes".
"Nous mettons en garde contre toute tentative d'exporter des conflits et le chaos en Syrie parce que cela déclencherait un incendie dans le Proche-Orient qui ne pourrait pas être maîtrisé", avait-t-il ajouté.


Pression de la Syrie


"Je pense que dans les semaines qui viennent, la Syrie va se battre en accentuant la pression sur ses opposants au Liban, en passant par ses alliés, pour tenter de contenir l'opposition libanaise", prévoit Nicholas Noé, un analyste basé à Beyrouth.
"Comme si le Liban n'avait pas suffisamment de problèmes, les troubles en Syrie vont agir comme une étincelle pour de nombreux problèmes qui sont restés enfouis ces deux dernières années", prédit un autre commentateur politique.

La Syrie, qui a mis fin en 2005 à 29 années de présence militaire au Liban, conserve toujours une grande influence sur le pays."Nous avons des parties ici qui sont liées à la Syrie et d'autres qui en sont l'ennemies, ce qui pourrait nous faire plonger dans la crise. Dieu nous en garde mais le Liban n'est pas à l'abri, quelque chose pourrait se produire ici", déclare l'analyste Nabil Bou Monsef.Le soulèvement populaire en Syrie, où 400 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis la mi-mars selon une organisation syrienne de défense des droits de l'homme, met aux prises le président Bachar el-Assad, issu de la minorité alaouite (une branche du chiisme), à une population majoritairement sunnite. Les alaouites, fidèles au régime baassiste d'Assad, occupent des fonctions stratégiques au sein de l'armée et...
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