Critiquant les tentatives visant à lier d'une façon ou d'une autre le sort du Liban aux développements en Syrie, le PNL a souligné que « ces tentatives ont commencé par une offensive anticipée, fondée sur de fausses accusations, puis ont évolué vers des positions exprimant le soutien et la solidarité (avec le régime syrien) sans prise en compte des sentiments humains ».
« Dans ce cadre, nous refusons de nous soumettre à la logique de l'intimidation et de la menace qui vise à bâillonner les Libanais sous prétexte de non-ingérence dans les affaires intérieures syriennes, au moment où le 8 Mars rue dans les brancards pour prendre la défense de ses alliés, au mépris des valeurs fondamentales et des principes de droit », affirme un communiqué du PNL.
« Face à ce comportement, nous renouvelons notre appel au respect des options choisies par les peuples et à la nécessité de se tenir aux côtés du droit, tout en critiquant la violence, quelle que soit sa provenance », souligne le PNL. « Il faut aussi encourager et soutenir le recours aux moyens de la lutte démocratique, l'acceptation du dialogue et de la réforme, et la satisfaction par les autorités des revendications légitimes », ajoute le parti.
C'est un point de vue assez proche qu'a développé l'ancien député Moustapha Allouche, membre du bureau politique du Courant du futur. « Nous ne pouvons pas être loin des réalités et nous ne pouvons pas nous mettre aux côtés de l'injustice faite à un peuple, mais dans le même temps, nous ne devons pas nous ingérer dans les affaires intérieures d'autrui », a déclaré M. Allouche.
Invité à commenter les propos tenus la veille par le chef du PSP, Walid Joumblatt, qui a critiqué « certains adolescents au sein du 14 Mars qui se comportent vis-à-vis des événements de Syrie en faisant de mauvais calculs », M. Allouche a répondu : « Ces déclarations sont inutiles et ne reposent sur aucune logique. C'est de la surenchère pure. »
Antoine Zahra, député FL du Batroun, a souligné, pour sa part, la nécessité pour le Liban de s'armer de « prudence » à l'égard des développements sur la scène syrienne.
« Nous ne pouvons pas ignorer que le seul pays ami avec lequel le Liban a une frontière commune est la Syrie et que cette frontière est largement incontrôlée, une situation dont nos frères syriens commencent à se plaindre », a déclaré M. Zahra.
« Les effets des événements syriens au Liban sont certains, mais ce qui est souhaitable, c'est que le Liban soit très prudent à cet égard. Or la diplomatie libanaise ne l'a pas été ces jours derniers. Elle a commis des erreurs constitutionnelles, politiques et en relation avec le pacte national, à l'ombre du vide politique prévalant dans le pays », a-t-il ajouté.
« La position du Liban, les impératifs de sa Constitution et son intérêt politique commandent que notre amitié avec la Syrie ou avec tout autre État ne soit pas limitée au régime, surtout lorsque la légitimité de ce régime est mise en contestation », a-t-il dit.
« Que ce régime soit maintenu, qu'il subisse des changements ou qu'il soit remplacé par un autre, ce qui compte pour nous c'est notre amitié à l'égard de la Syrie en tant que nation et État, et non pas en tant qu'individus formant un régime. C'est pourquoi le Liban ne doit pas s'ingérer dans les affaires intérieures arabes et il doit s'attacher aux meilleures relations possibles avec des États stables et ayant des pouvoirs légitimes et reconnus comme tels », a souligné M. Zahra.
Le mufti du Mont-Liban, cheikh Mohammad Ali Jouzou, a estimé que nul à l'extérieur n'a le droit de s'ingérer, positivement ou négativement, dans les affaires syriennes. « Les peuples arabes s'efforcent de s'autodéterminer, et le peuple syrien est un peuple libre et c'est à lui qu'il revient de décider tout seul de son sort », a-t-il dit.
« La Syrie s'est beaucoup ingérée dans les affaires libanaises et continue largement de le faire. Malgré cela, nous disons qu'il ne faut pas que nous nous ingérions dans les affaires syriennes, d'abord par attachement aux valeurs de fraternité avec ce peuple combattant, et ensuite parce que nous ne disposons pas des armes pour nous ingérer », a souligné cheikh Jouzou.
« Et nous n'avons pas peur des accusations que l'on nous lance, car d'autres que nous sont noyés sous les accointances extérieures et les allégeances arabes ou non arabes, et ne se comportent que sous l'influence de ces ingérences », a-t-il lancé, avant de conclure : « Le Liban passe d'une crise à l'autre et tout cela au service des intérêts des autres sur son territoire. »
Par ailleurs, le ministre sortant de la Justice, Ibrahim Najjar, a affirmé hier que son ministère n'avait rien reçu jusqu'ici de Syrie au sujet des accusations formulées contre des Libanais dans les événements syriens. « La justice ne peut se mettre en branle à partir de déclarations médiatiques d'un ambassadeur. Il faut qu'il y ait un dossier », a déclaré M. Najjar.

