Le cercueil de Jean-Paul II a été sorti hier des cryptes du Vatican. Osservatore Romano/Reuters
Le visage du défunt pape est partout présent à travers la ville de Rome, au-delà du Vatican, jusque sur les bus municipaux. Les équipes de télévision ont installé des tours imposantes le long de la via della Conciliazione, large avenue qui conduit du Tibre à la place Saint-Pierre. Parmi les centaines de milliers de personnes attendues dimanche place Saint-Pierre figureront 16 chefs d'État et 87 délégations officielles venues du monde entier. Le président français Nicolas Sarkozy a renoncé à assister à la cérémonie, après l'avoir un temps envisagé.
Les cérémonies de béatification, première étape vers la canonisation, débuteront ce soir par une veillée de prières dans le Circus Maximus, hippodrome antique entre le Palatin et l'Aventin, sur la rive gauche du Tibre. Lors de cette veillée interviendront Mgr Dziwiszl, Joaquin Navarro-Valls, qui fut longtemps le porte-parole de Jean-Paul II, et la religieuse française Marie Simon-Pierre Normand, que l'Église catholique a déclarée miraculeusement guérie de la maladie de Parkinson par l'intercession du pape défunt. Au lendemain de la béatification, le 2 mai, une messe d'actions de grâce sera célébrée place Saint-Pierre.
Lors des obsèques de Jean-Paul II le 8 avril 2005, la foule avait réclamé qu'il soit immédiatement canonisé en scandant « Santo subito ». Un mois plus tard, Benoît XVI avait accéléré la procédure, qui doit normalement commencer cinq ans après la mort du candidat, au plus tôt. Le délai entre sa mort et sa béatification sera ainsi l'un des plus courts de l'histoire. Certains catholiques jugent cette béatification précipitée et s'interrogent sur les raisons d'un tel empressement. L'aile progressiste de l'Église juge que Jean-Paul II a été trop sévère avec les théologiens de la libération qui s'efforçaient d'aider les plus pauvres, en particulier en Amérique latine. Certains affirment qu'il porte une part de responsabilité dans les scandales de pédophilie parce qu'ils se sont produits ou ont été dévoilés sous son pontificat. Les plus conservateurs reprochent au futur bienheureux une ouverture trop grande aux autres religions. Ils lui reprochent en outre d'avoir, lors de ses nombreux voyages à l'étranger, laissé la liturgie s'imprégner des cultures locales.
(Source : Reuters)

