Ziad Majed, professeur à l'Université américaine de Paris, estime lui aussi que « la plupart des régimes arabes préfèrent un statu quo dans la région ». « Les Arabes, les États-Unis et Israël préfèrent tous que le régime syrien se maintienne, afin de garder les frontières avec Israël et l'Irak sous contrôle », selon lui.
« Les pays arabes, notamment les monarchies du Golfe, préfèrent un régime qu'ils connaissent », ajoute l'analyste, malgré l'alliance entre les dirigeants de Damas et de Téhéran qui les incommode.
Quant à Ibrahim Sharqieh, directeur adjoint du Brookings Doha Center, il estime que la Syrie « peut avoir une influence plus étendue que sa zone géographique, du fait des nombreuses cartes qu'elle tient en main ». Pour lui, l'éventualité d'une plus grande instabilité dans la région qui pourrait découler d'un renversement du régime syrien « fera réfléchir les dirigeants arabes à deux fois avant » de soutenir le mouvement de contestation. « Il y a une relation d'amour et de haine entre les autres régimes arabes et la Syrie », explique encore l'analyste. « Ils ont intérêt à voir maintenu un régime qui peut préserver la stabilité dans la région, même s'il ne coopère pas toujours avec eux. »
Pour ces analystes, la lutte des Syriens pour leur liberté promet d'être longue et sanglante, le président Bachar el-Assad n'ayant promis que des réformes cosmétiques.
Ziad Majed estime qu'il y a peu d'espoir que le régime mène une réforme radicale à même de satisfaire les manifestants. « La structure du régime est très rigide et toute réforme mènerait à sa chute », estime-t-il. Maha Azzam est également convaincue que « le régime continuera à faire usage de la violence, mais les protestataires poursuivront leur mouvement jusqu'à la chute du régime ». Quant à Ibrahim Sharqieh, il estime que le changement deviendra inévitable « lorsque les manifestations de masse toucheront Damas » ou si des divergences apparaissent au sein de la direction syrienne et du parti Baas.
(Source : AFP)

