Les présidents russe et ukrainien lors de la commémoration de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Genya Savilov/AFP
Dmitri Medvedev, qui effectuait la première visite d'un dirigeant russe sur le site de Tchernobyl, et le président Viktor Ianoukovitch ont rendu hommage aux victimes du drame à quelques centaines de mètres de la centrale accidentée, définitivement fermée en 2000. Les deux dirigeants ont en outre appelé à un renforcement des mesures de sécurité dans les installations nucléaires de la planète, un mois et demi après les accidents à la centrale japonaise de Fukushima.
« Nous commémorons une date tragique, vingt-cinq ans ont passé et nous avons compris que les accidents nucléaires avaient des conséquences immenses pour la population », a déclaré M. Ianoukovitch.
De son côté, M. Medvedev a rendu hommage aux sacrifices des « liquidateurs » de l'Union soviétique qui ont éteint l'incendie et nettoyé la zone autour de la centrale, afin de minimiser les effets du désastre en dépit des risques pour leur santé. En évoquant les événements de Fukushima, le président russe a annoncé avoir envoyé à ses homologues étrangers des propositions visant à renforcer la sûreté nucléaire dans le monde. « Il semble que nous aillons devoir réfléchir à la préparation de nouvelles conventions internationales », a-t-il dit. Ces propositions ont été adressées hier aux pays du G8 en vue du prochain sommet fin mai à Deauville (ouest de la France), selon le conseiller diplomatique du Kremlin, Anatoli Dvorkovitch. Cependant, le nucléaire reste une source d'énergie essentielle, a ajouté M. Medvedev, soulignant que « personne, jusqu'ici, n'avait proposé une autre source d'énergie ».
Les deux présidents se sont exprimés sous un soleil printanier devant des dizaines de journalistes sur une petite place entourée de verdure où l'on entendait chanter les oiseaux, avec en toile de fond la centrale et son niveau de radiations toujours supérieur à la normale.
Les commémorations ont débuté dans la nuit de lundi à mardi avec la célébration d'un office des morts à Kiev par le patriarche russe orthodoxe Kirill. Le glas d'une église ukrainienne a sonné à 01h23 - l'heure exacte de l'explosion il y a 25 ans - et retenti 25 fois.
Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl a explosé au cours d'un test de sécurité à la suite d'erreurs de manipulation, provoquant des rejets d'éléments radioactifs d'une intensité équivalente à au moins 200 bombes de Hiroshima et contaminant une bonne partie de l'Europe.
L'URSS n'a reconnu le drame qu'au bout de trois jours, après que la Suède atteinte par le nuage radioactif eut alerté le monde le 28 avril 1986. Le bilan humain de Tchernobyl suscite toujours la controverse. Le comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements ne reconnaît que 31 morts d'opérateurs et de pompiers directement imputables aux effets de la radiation, alors que Greenpeace parle d'au moins 100 000 morts des suites de la contamination radioactive.
Le silence officiel soviétique, suivi de mensonges, a néanmoins contribué à la contamination de centaines de milliers de personnes, principalement en Ukraine, au Belarus et en Russie.
Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, était, quant à lui, absent, ayant choisi de visiter les régions affectées dans son pays, dont plus d'un quart du territoire a été contaminé par des radiations.
La centrale ukrainienne, dont le réacteur accidenté a été recouvert à la va-vite d'une chape de béton, n'est toujours pas suffisamment isolée. Au cours d'une conférence le 19 avril à Kiev, la communauté internationale a débloqué 550 millions d'euros - sur un total de 740 millions d'euros manquants - pour aménager un nouveau sarcophage à Tchernobyl.
(Source : agences)


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