Le Mouvement social s'est particulièrement penché sur la prévention de l'implication des enfants dans les conflits de rue, qui affectent négativement les jeunes et plus largement la société. Si la rue est le reflet de l'identité d'un quartier et le lieu de rencontre des différents groupes sociaux qui y vivent, elle constitue souvent une terre fertile pour les conflits et porte à ce titre beaucoup de connotations négatives. Durant ces « Journées de solidarité », l'équipe et les volontaires du Mouvement social organisent des ateliers pédagogiques permettant aux élèves de définir la « rue » et d'identifier ses aspects positifs et négatifs. Les enfants en ont donné quelques définitions, comme « rue = viol » ou « rue = atteinte à la pudeur » ou « rue = manifestation », que ce soit dans son aspect positif (manifestation-démocratie) ou négatif (manifestation-violence).
La rue est aussi associée aux identités confessionnelles. Certaines sont le fief d'un chef politique ou d'un zaïm de quartier. Certains axes sont chauds. L'humeur belliqueuse des « grands » influence les enfants, qui commencent tout jeunes à sortir dans la rue et à participer aux bagarres. La Convention des droits de l'enfant ratifiée par le Liban condamne ces dérives. C'est dans l'esprit de ce document que le Mouvement social veut responsabiliser les jeunes par des formations aux valeurs de citoyenneté, particulièrement la résolution pacifique des conflits. Les participants seront amenés à rejeter la violence et à exprimer leur nouvelle perception de la rue comme un lieu de rencontre et de joie.
Pour préparer les « Journées de solidarité », l'équipe du Mouvement social organise des séances de sensibilisation dans différentes écoles. Ainsi, les élèves assistent à la projection de courts-métrages évoquant l'histoire de jeunes qui ont vécu des conflits. Ces derniers ont pu surmonter leurs difficultés grâce au projet « Protection des enfants dans les zones en conflit », mis en œuvre par le Mouvement social dans différentes régions du Liban, comme le Akkar, Tripoli, Bourj Hammoud, Jnah, Kfarzabad, al-Faour, Tarik Jdidé, Chiyah, Saïda... Cet événement sera clôturé par une marche qui regroupera les élèves des écoles. Ils manifesteront d'une manière artistique et innovante leur droit à la paix et à la prévention des conflits. Les jeunes présenteront leurs œuvres artistiques et leurs requêtes aux représentants des autorités locales afin de les inciter à sensibiliser la société sur ces risques. Les participants exhorteront également les municipalités à respecter la Convention internationale des droits de l'enfant.

