Les principaux dirigeants du parti aux côtés de figures salafistes ouvrant la marche en direction de la place.
Ainsi, ce sont quelque 300 personnes qui ont pris part au rassemblement auquel sont venus se joindre les partisans du mouvement salafiste dirigé par le daï el-islam Chahhal.
Les manifestants ont défilé de la mosquée al-Mansouri jusqu'à la place al-Nejmeh, située à une cinquantaine de mètres, en présence de centaines de policiers et de militaires, qui avaient bloqué les rues et posté des hommes sur les toits des immeubles alentour. Une seule ruelle est restée ouverte devant les participants qui devaient auparavant passer à la fouille avant de rejoindre la place. Les pompiers et les unités de la Défense civile ont également été déployés sur les lieux en prévision d'éventuels débordements. Des barrages volants ont été installés par les forces de l'ordre en plusieurs endroits de la ville. Des patrouilles militaires ont circulé avant et pendant la manifestation afin de s'assurer notamment que les protestataires ne dépasseront pas le périmètre qui leur avait été fixé.
Agitant des drapeaux islamiques noirs, les manifestants arboraient des banderoles proclamant : « Arrêtez les massacres contre le peuple syrien » et « Les musulmans de Tripoli soutiennent leurs frères à Homs et Deraa ».
« Soutenir nos frères en Syrie est un devoir religieux », a déclaré Ahmad Kassas, porte-parole du parti, accusant le régime syrien de « tuer des manifestants pacifiques ».
Au discours virulent adressé au régime syrien ont succédé des interventions non moins incendiaires à l'égard des autorités libanaises, plus particulièrement les services de sécurité qui avaient arrêté, il y a quelques jours, plusieurs partisans de Hezb al-Tahrir. Les orateurs ont été même jusqu'à réclamer l'instauration du califat au Liban, un objectif principalement visé par le parti panislamiste. « Le peuple veut l'établissement du califat », ont scandé en chœur les protestataires.
Commentant l'événement, le député du Courant du futur Samir Jisr a démenti les informations selon lesquelles ce qui s'est passé à Tripoli reflète un conflit syro-saoudien, soulignant que « Hezb al-Tahrir n'est pas d'obédience saoudienne ».
Le mufti de Tripoli, Malek Chaar, a estimé pour sa part que la manifestation à laquelle a appelé le parti « n'émane pas d'un courant qui a un poids politique ou une large représentativité populaire sur le terrain ». Dans un entretien à la Voix du Liban, le mufti a rappelé que Hezb al-Tahrir a obtenu une autorisation il y a deux ans, après l'avoir réclamée pendant soixante ans. « C'est le gouvernement de Fouad Siniora qui lui a accordé l'autorisation, ce dernier ayant estimé qu'il est préférable pour le parti d'agir en toute transparence plutôt que de le faire dans la clandestinité », a-t-il fait remarquer. Commentant l'idéologie prônée par le parti, notamment l'appel au califat et le règne d'un seul État islamique sur le monde arabe, le mufti a indiqué que « cette logique ne peut pas s'appliquer dans la région ». Et d'insister sur le fait que les courants islamistes actifs et qui ont leur poids sur le terrain n'ont pas répondu à l'appel à manifester, rappelant au passage que les courants politiques ne se sentent pas concernés par cet événement non plus.


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