À Benghazi, prémices d’une procédure pénale internationale contre Kadhafi
OLJ /
le 23 avril 2011 à 00h24
L'ONG Avocats sans frontières (ASF), qui a enquêté auprès de victimes des forces du colonel Moummmar Kadhafi, évoque des « crimes contre l'humanité et crimes de guerre à grande échelle ». Torture, exécutions sommaires, massacres, boucliers humains, utilisation de bombes à sous-munitions : les témoignages des violences infligées ces dernières semaines par le pouvoir libyen à la population sont multiples, estime l'avocat français Philippe Moriceau, vice-président d'ASF France. À Benghazi et sa région, dans l'est de la Libye, les forces de Kadhafi avaient rapidement progressé mi-mars, jusqu'à entrer dans la ville de 700 000 habitants le 19 mars. Des dizaines de chars et des centaines de soldats loyalistes avaient tenu la cité 24 heures, avant d'être chassés par les bombardements aériens occidentaux et la contre-offensive rebelle. Dans cet intervalle, « le mot d'ordre était "viole, vole et tue" », ont raconté les habitants au Français. Me Moriceau évoque « des massacres, des maisons avec des dizaines de corps de civils retrouvés à l'intérieur » dans la campagne environnante. « On a des vidéos », précise-t-il. Avec un collègue italien, il est venu dans le cadre d'un « projet d'ASF d'identification des victimes en Libye » pour ensuite « déposer un dossier les représentant auprès du procureur de la Cour pénale internationale » (CPI) Luis Moreno-Ocampo. « Je ne sais pas » si la cour lancera ensuite une procédure contre le dirigeant libyen, mais « je crois en une volonté politique et de la justice internationale de poursuivre Kadhafi », dit-il lors d'un entretien dans le fief rebelle de Benghazi. D'autres équipes d'ASF lui succéderont. Le travail « sera au long terme et de grande envergure » et prendra « plusieurs années », indique l'avocat qui se méfie de Kadhafi. « Plus malin que beaucoup d'autres, il pourrait négocier » son départ « pour qu'il n'y ait pas de procès », dit-il. Le New York Times soutenait plus tôt cette semaine que le gouvernement américain avait lancé une recherche pour trouver un pays pouvant accueillir Mouammar Kadhafi sans avoir à le livrer à la CPI s'il était poursuivi par ce tribunal. (Source : AFP)
L'ONG Avocats sans frontières (ASF), qui a enquêté auprès de victimes des forces du colonel Moummmar Kadhafi, évoque des « crimes contre l'humanité et crimes de guerre à grande échelle ». Torture, exécutions sommaires, massacres, boucliers humains, utilisation de bombes à sous-munitions : les témoignages des violences infligées ces dernières semaines par le pouvoir libyen à la population sont multiples, estime l'avocat français Philippe Moriceau, vice-président d'ASF France.À Benghazi et sa région, dans l'est de la Libye, les forces de Kadhafi avaient rapidement progressé mi-mars, jusqu'à entrer dans la ville de 700 000 habitants le 19 mars. Des dizaines de chars et des centaines de soldats loyalistes avaient tenu la cité 24 heures, avant d'être chassés par les bombardements aériens occidentaux et la...
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