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Moyen Orient et Monde - Débat

Pour Jacques Toubon, l’intégration à la française, ça marche

L'ancien ministre estime que l'harmonisation d'une société pluraliste ne peut se faire sans une volonté politique.

L’ancien ministre français, Jacques Toubon, lors de son intervention hier, dans le cadre du cycle de rencontres organisé par la Résidence des Pins. Photo Rania Massoud

Alors que la question de l'immigration - clandestine et légale - fait actuellement débat en France, l'ancien ministre Jacques Toubon a tenu hier à présenter une image pluraliste et ouverte de l'Hexagone, tout en défendant une politique d'intégration sociale équitable. En visite à Beyrouth dans le cadre du cycle de rencontres organisé par la Résidence des Pins, l'ancien ministre français a rappelé que « la France a toujours été un pays d'accueil, alors que les autres pays européens étaient des pays d'émigration ». « La France est en quelque sorte les États-Unis de l'Europe », souligne-t-il.
Selon M. Toubon, cette politique d'accueil a été élaborée dès la fin du XVIIe siècle, suite à la Révolution française. « Nous nous sommes construits avec les apports des immigrés en anticipant la baisse démographique constatée dans le pays dès cette période, explique-t-il. De leur côté, les immigrants sont venus en raison de l'attrait exercé par les valeurs françaises, comme la démocratie et la liberté, ainsi que du besoin de travailler. » « Aujourd'hui, plus du quart des Français sont d'origine immigrée, c'est-à-dire qu'ils ont un grand-père ou une grand-mère né à l'étranger, précise-t-il. Par ailleurs, il y a près de 200 000 personnes qui viennent légalement chaque année sur le territoire français, alors qu'entre 100 et 120 000 sont naturalisées tous les ans. » Ce mouvement de population, poursuit le président de la Cité nationale sur l'histoire de l'immigration, joue un rôle déterminant dans l'évolution de la société. « Notre histoire est la leur », affirme-t-il.
L'avis de M. Toubon n'est toutefois pas partagé par le reste de la classe politique française. Vendredi dernier, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a annoncé qu'il va faire des « propositions de réduction du nombre de titres de séjour » pour les étrangers afin de faire passer l'immigration légale de 200 000 personnes par an à 180 000. « Certains en France affirment que l'intégration est en panne, indique M. Toubon, mais les chiffres démontrent le contraire. L'intégration, ça marche. » « Examinons le niveau des diplômes des enfants par rapport aux parents, dit-il. Regardez le nombre croissant des mariages mixtes : 65 % des descendants d'immigrés vivent en couple avec des personnes dites de population majoritaire. » « Seuls 16 % des citoyens ont peu ou pas le sentiment d'être français, ajoute-t-il. Ce qui représente un pourcentage bien inférieur à celui constaté dans le reste de l'Europe, notamment en Grande-Bretagne. »
Qu'est-ce qui caractérise donc une politique d'intégration réussie ? Selon M. Toubon, cinq conditions doivent être réunies : « La nationalité, l'apprentissage de la langue et des valeurs à l'école, le service militaire - ce qu'on appelle la fraternité d'armes -, l'action syndicale et politique et, enfin, le facteur temporel. » « C'est ce dernier élément qui nous manque fortement aujourd'hui. Tout doit se passer rapidement à la vitesse du clic de votre clavier », souligne-t-il. « Prenez l'exemple des Polonais, ajoute-t-il. Les citoyens français d'origine polonaise sont très bien intégrés aujourd'hui, notamment dans le Pas-de-Calais. Cependant, ce n'était pas du tout le cas entre les années 20 et la Seconde Guerre mondiale lorsqu'ils s'étaient installés en tant que travailleurs et ont vécu des épisodes très difficiles. »
Pour cela, affirme M. Toubon, « la politique d'intégration doit être renforcée en luttant contre la discrimination sans mettre en cause le principe de la laïcité et en s'efforçant de palier le manque de profondeur historique ».
Et d'ajouter : « La France a certainement une image moins homogène aujourd'hui parce que l'État est moins fort, moins présent. » « Le mouvement d'intégration et d'harmonisation ne peut se faire sans une volonté politique de la part d'un État impartial et actif », conclut-il.
Alors que la question de l'immigration - clandestine et légale - fait actuellement débat en France, l'ancien ministre Jacques Toubon a tenu hier à présenter une image pluraliste et ouverte de l'Hexagone, tout en défendant une politique d'intégration sociale équitable. En visite à Beyrouth dans le cadre du cycle de rencontres organisé par la Résidence des Pins, l'ancien ministre français a rappelé que « la France a toujours été un pays d'accueil, alors que les autres pays européens étaient des pays d'émigration ». « La France est en quelque sorte les États-Unis de l'Europe », souligne-t-il. Selon M. Toubon, cette politique d'accueil a été élaborée dès la fin du XVIIe siècle, suite à la Révolution française. « Nous nous sommes construits avec les apports des immigrés en anticipant la baisse...
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