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Moyen Orient et Monde - Syrie

Damas déterminé à réprimer la « rébellion armée »

Le ministère de l'Intérieur a dénoncé hier dans la nuit « une rébellion armée » qui nuit à la sécurité du pays et qu'il faut réprimer. Le ministère a mis en cause « des groupes armés appartenant à des organisations salafistes, en particulier dans les villes de Homs et Banias ». À Homs, un sit-in de 20 000 personnes a débuté en soirée et « ne prendra fin qu'avec la chute du régime », selon les organisateurs.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé hier aux obsèques des sept manifestants tués la veille à Homs.Photo Reuters

Les manifestations contre le régime de Bachar el-Assad se sont poursuivies hier en Syrie où, depuis un mois, elles prennent chaque jour un peu plus d'ampleur. L'opposition a jugé insuffisante la promesse de M. Assad d'abroger dans les prochains jours la loi d'urgence, en vigueur depuis cinq décennies, appelant également au multipartisme et à la libération des détenus politiques.
Des « dizaines de milliers » de personnes ont participé aux obsèques de sept personnes tuées la veille à Homs. Les manifestants ont appelé à la chute du régime et scandé des slogans en faveur de la liberté : « Dans chaque venelle, dans chaque maison, nous voulons te renverser, Bachar ! » a ainsi scandé la foule. « Homs est en ébullition (...) », a déclaré un militant des droits de l'homme. En outre, plus de 10 000 personnes participaient en journée à un sit-in dans le centre-ville, selon des témoins. En soirée, un sit-in de plus de 20 000 personnes a débuté et se poursuivra jusqu'à la chute du régime de Bachar el-Assad, a indiqué un militant politique. « Plus de 20 000 personnes participent au sit-in sur la place al-Saa (Horloge) que nous avons rebaptisée place al-Tahrir d'après celle du Caire », a déclaré Najati Tayyara. Parmi les slogans scandés, on peut entendre : « Sit-in, sit-in jusqu'à la chute du régime » et « Liberté, liberté », a-t-il dit. « C'est un sit-in ouvert qui se poursuivra jusqu'à ce que nos revendications soient satisfaites », à savoir notamment les libertés, la libération de tous les prisonniers, la fin des arrestations politiques, a-t-il ajouté.
La tension qui règne à Homs est également due aux nouvelles venant de la ville proche de Talbisseh, où au moins quatre personnes ont été tuées dimanche et plus de 50 autres blessées par les forces de sécurité. Les autorités ont attribué les tirs à Talbisseh à des « éléments criminels armés » non identifiés, affirmant qu'un policier avait été tué et que 11 autres et cinq soldats avaient été blessés. Le ministre des Affaires étrangères, Walid Moallem, a dénoncé des actes de « sabotage » et qualifié de « très dangereux » les évènements de Talbisseh. À Deraa, environ 500 personnes ont manifesté, réclamant notamment la libération des détenus et dénonçant le monopole du Baas - le parti au pouvoir - sur la vie politique, selon un militant des droits de l'homme. À Jisr al-Choughour, près d'Idleb, environ 1 500 personnes ont défilé après les obsèques d'un manifestant tué à Banias, plus au Sud. Elles ont coupé la route vers Alep et réclamé la libération des détenus ainsi que des informations sur les disparus.
Par ailleurs, une délégation envoyée par la présidence pour négocier avec les dignitaires de Banias et Baïda, ville voisine, est rentrée bredouille, selon des militants des droits de l'homme. La délégation proposait de dédommager à hauteur de l'équivalent de 6 000 dollars chacune des familles dont les maisons ont subi des perquisitions, ou dont un ou plusieurs membres ont été arrêtés la semaine passée. Mais les dignitaires ont conditionné toute négociation au jugement des officiers des services de sécurité responsables des violences, l'arrestation des miliciens du régime impliqués dans ces évènements et la levée du siège imposé à Banias.
À l'étranger, le quotidien américain Washington Post, citant des télégrammes diplomatiques diffusés par WikiLeaks, a rapporté que les États-Unis avaient financé en secret des groupes de l'opposition et une chaîne de télévision critique à l'égard du régime syrien. Mark Toner, porte-parole du département d'État américain, a toutefois déclaré que les États-Unis ne s'emploient pas à saper le gouvernement syrien. Néanmoins, a ajouté M. Toner, le président Assad « doit répondre aux aspirations légitimes de son peuple ». Il a en outre précisé que le gouvernement américain s'efforçait de promouvoir des processus démocratiques en Syrie et ailleurs dans le monde. Mais « le gouvernement syrien perçoit ce type d'assistances comme une menace », a-t-il affirmé.
(Source : agences)
Les manifestations contre le régime de Bachar el-Assad se sont poursuivies hier en Syrie où, depuis un mois, elles prennent chaque jour un peu plus d'ampleur. L'opposition a jugé insuffisante la promesse de M. Assad d'abroger dans les prochains jours la loi d'urgence, en vigueur depuis cinq décennies, appelant également au multipartisme et à la libération des détenus politiques.Des « dizaines de milliers » de personnes ont participé aux obsèques de sept personnes tuées la veille à Homs. Les manifestants ont appelé à la chute du régime et scandé des slogans en faveur de la liberté : « Dans chaque venelle, dans chaque maison, nous voulons te renverser, Bachar ! » a ainsi scandé la foule. « Homs est en ébullition (...) », a déclaré un militant des droits de l'homme. En outre, plus de 10 000 personnes...
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