À l’instar d’un Pazzini complétement dépité, c’est toute la formation lombarde qui vole en éclats. Avec quatre défaites en cinq matches, l’impressionnante remontée des intéristes semble pour le moins avoir perdu de sa superbe. Andreas Solaro/AFP
L'Inter, qui « n'a plus d'essence », comme le reconnaît lui-même le technicien brésilien, n'a gagné qu'un match depuis le 20 mars, contre le reléguable Cesena (2-0), et encore difficilement. Il a pris une claque dans le derby (3-0 pour l'AC Milan), une fessée contre Schalke en C1 (5-2/2-1), et s'est fait corriger par Parme (2-0) ce week-end pour le compte de la 33e journée du Calcio.
Entre les lignes, « Leo » admet que le Scudetto, deuxième pièce du triplé réussi l'an dernier, s'est envolé. « Huit points de retard, c'est beaucoup », a-t-il dit devant le gouffre qui le sépare désormais du Milan, alors que l'Inter était revenu à -2 avant le derby. « Plus qu'au classement, nous devons penser à récupérer la condition physique », ajoute-t-il.
Mais sans dire mot à mot que le « Scudetto », comme la C1, est perdu, il maintient le discours utopiste du mois d'avril, démenti par la réalité : « Nous devons chercher à gagner les cinq derniers matches. ».
L'Inter doit surtout sauvegarder sa troisième place de l'appétit de la Lazio Rome.
Non seulement le discours très positiviste des dernières semaines ne tient pas, mais il pourrait cacher un problème plus profond : les choix de Leo sont critiqués.
Officiellement, il n'en est rien, mais la presse italienne évaluait hier la mise à l'écart du groupe pour Parme de Maicon et Thiago Motta comme une sanction pour leur manque d'implication à l'entraînement. De même, le choix de ne pas titulariser le baron Cambiasso à Schalke (au profit de Thiago Motta) avait été analysé comme une défiance vis-à-vis de l'Argentin.
Leo, qui les trois premiers mois avait fédéré le groupe pour rattraper le Milan, aurait-il perdu son autorité sur ses hommes et passerait-il aux sanctions ?
Lui assure que non. « Choix techniques », répond-il. Une réponse acceptable pour la mise à l'écart de Wesley Sneijder, entré seulement pour la seconde période à Parme : le Néerlandais est ostensiblement sur les rotules et sur les nerfs ces dernières semaines et a besoin de souffler.
Officiellement, tout va bien dans le groupe Inter, Leo l'assure, et évoque le dernier titre en jeu, la Coupe d'Italie (demi-finale aller contre l'AS Rome, demain). Cambiasso a lui-même assuré après le match face aux Parmesans : « J'ai accepté l'exclusion à Gelsenkirchen car un entraîneur ne fait jamais des choix pour endommager l'équipe. »
« On voit la fatigue, dit le Japonais Yuto Nagatomo, mais le groupe doit rester uni. » Sinon, l'Inter perdra tout, et même plus.

