« Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il était recommandable de limiter à un maximum de deux périodes consécutives de cinq ans la durée des mandats politiques fondamentaux », a affirmé Raul Castro devant les 1 000 délégués du congrès du PCC. Adalberto Roque/AFP
Raul Castro, qui aura 80 ans le 3 juin, a fait cette proposition à l'occasion d'une analyse de la direction politique de l'île. Plaçant le congrès sous le signe de « la correction des erreurs commises au cours des cinq décennies de la construction du socialisme », Raul Castro a appelé à « laisser de côté le formalisme, l'immobilisme et le dogmatisme ». Il s'est également prononcé pour un fort dégraissage de la « nomenklatura » du parti, qui doit d'ici à mardi renouveler ses instances dirigeantes. Premier secrétaire du PCC depuis sa fondation en 1965, Fidel Castro, qui a cédé le pouvoir à son frère Raul à l'été 2006, a annoncé en mars qu'il souhaitait abandonner les dernières fonctions officielles qu'il détient au sein du régime qu'il a fondé en 1959.
Au cours d'un discours de deux heures et vingt minutes, Raul Castro a également présenté les grandes lignes des réformes économiques qui doivent être définies et adoptées par le congrès. Le document d'origine, publié en novembre, comportait 291 mesures. Après trois mois de discussions par 8,9 millions de Cubains en plus de 163 000 réunions, le nouveau document propose un large éventail de 311 mesures qui doivent « actualiser » le modèle socialiste, a expliqué Raul Castro. Les suppressions d'emplois dans le secteur public, l'ouverture de l'économie à l'initiative privée, l'autonomie des entreprises d'État, la réforme du secteur agroalimentaire et l'ouverture aux capitaux étrangers constituent les principaux domaines de réformes proposés au 6e congrès du PCC.
La mesure qui a le plus retenu l'attention de la population au cours des réunions populaires de discussion, a souligné Raul Castro, est l'avenir de la « libreta », le carnet de rationnement qui permet depuis 1963 à tout Cubain de profiter d'un panier de produits de base à des prix subventionnés. « La disparition de la libreta ne constitue pas une fin en soi, mais doit être une des mesures qu'il sera indispensable d'adopter dans le cadre d'une amélioration de la productivité du travail », a indiqué Raul Castro en soulignant parallèlement la nécessité d'une hausse générale des salaires.
Concernant les suppressions d'emplois dans le secteur d'État - 95 % de l'économie cubaine -, Raul Castro a souligné que « personne ne serait abandonné à son sort » et qu'un « système d'attention sociale sera mis en place pour garantir un soutien minimum à ceux qui en ont vraiment besoin ».
Ces mesures économiques pour sauver le pays de la faillite restent « palliatives », a estimé de son côté hier un porte-parole de la dissidence en Espagne. Ces mesures « soulagent, mais ne soignent pas le mal endémique du peuple cubain, qui reste essentiellement le manque de liberté et le manque de droits », a déclaré Ernesto Gutierrez, secrétaire général de la Fédération des organisations cubaines en Espagne.
(Source : AFP)


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