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Liban - Éclairage

Gouvernement : des contractions pénibles pour une naissance difficile

L'impression d'un progrès concret dans le processus de formation du gouvernement semble se confirmer. Les milieux proches du Premier ministre Nagib Mikati et ceux de la nouvelle majorité, toutes tendances confondues, sont unanimes sur ce sujet, même si leurs appréciations divergent. Les proches de Mikati annoncent la naissance probable du gouvernement dans les prochains jours, alors que les sources du CPL restent plus circonspectes. De l'avis des personnalités de la majorité qui suivent le dossier gouvernemental, Nagib Mikati reste une énigme. Il serait ainsi très difficile d'obtenir de lui une position claire sur n'importe quel sujet. Ce qui est sûr jusqu'à présent, c'est que les Libanais devraient avoir un gouvernement de 30 ministres, avec un représentant de ce qu'on appelle l'opposition sunnite, un autre du parti PSNS pris sur la part du Hezbollah (autrement dit il s'agira d'une personnalité chiite) et un ministre de l'Intérieur avec un statut spécial, choisi avec l'aval du président de la République, du Premier ministre et du général Michel Aoun. Tout le reste est encore négociable notamment les équilibres politiques au sein du futur gouvernement : on avait ainsi parlé d'une formule de dix (au bloc dit centriste), dix (aux chrétiens du Bloc du changement et de la réforme et dix (à toutes les autres composantes de la majorité). Mais cette formule n'aurait pas obtenu l'approbation du chef de l'État qui estime que le bloc centriste (lui, Mikati et Joumblatt) devrait avoir onze ministres, pour calmer la méfiance déclarée de la communauté internationale. La majorité aurait alors suggéré de compter le député Nicolas Fattouche dans ce bloc (qui comprend 2 à Sleiman, 5 à Mikati et 3 à Joumblatt), d'autant qu'il n'est pas dans le camp du 8 Mars, même s'il fait partie de la nouvelle majorité, mais le président Sleiman a estimé qu'il fallait respecter l'accord de Doha qui lui avait donné 3 ministres, et non 2. La majorité a aussitôt proposé d'inclure le ministre de l'Intérieur dans ce groupe, même s'il doit obtenir l'aval du général Aoun, mais la question n'est pas encore tranchée, d'autant que le chef du CPL estime à son tour qu'en acceptant de voir sa part réduite de douze à dix, il aura effectué des concessions de nature à faciliter la formation du gouvernement.
Autre problème à résoudre, la distribution des portefeuilles qui commence à s'imposer puisque les tractations, dit-on, sont passées à une nouvelle étape. Et là, les tiraillements portent sur l'attribution des ministères d'État. En principe, sur les six réservés au CPL (les quatre autres allant au Marada et au Tachnag), deux seraient des ministres d'État, ce qui pourrait déplaire au général Aoun. De même, si le PSNS accepte un ministre d'État, ce n'est pas le cas de l'émir Talal Arslane (compté dans la part du 8 Mars). Ce dernier estime en effet qu'il a joué un rôle primordial le 7 mai 2008 dans les négociations avec Walid Joumblatt et, plus récemment, ce serait lui qui aurait demandé au chef de l'État de reporter le premier rendez-vous des consultations parlementaires obligatoires, permettant ainsi au camp du 8 Mars de constituer la nouvelle majorité parlementaire. Par conséquent, il mériterait un portefeuille important et, avec son parti, il menace de ne pas participer au gouvernement si sa demande n'est pas respectée. Ce qui serait un coup porté à la nouvelle majorité soucieuse de respecter les équilibres politiques et de montrer que les autres partenaires druzes ont leur place en son sein. Tous ces nœuds et bien d'autres sans doute sont à défaire avant d'entrer dans la phase finale des noms où il devrait aussi y avoir des tiraillements. C'est pourquoi en dépit de l'optimisme affiché, de l'intensification des contacts, notamment entre Mikati, Berry et l'adjoint politique de sayyed Nasrallah Hussein Khalil, et, surtout, en dépit des efforts du Hezbollah et de Berry pour arrondir les angles et trouver des solutions, la naissance du gouvernement risque de prendre encore un peu de temps. À cet égard, il faudrait préciser que le Hezbollah propose de n'avoir qu'un ministre, pour pouvoir céder sa part à une personnalité du PSNS, alors que Berry se fait très souple, acceptant de renoncer à un portefeuille régalien (les Affaires étrangères) si cela pouvait accélérer le processus, en déclarant que dans un gouvernement issu de la majorité, il n'est plus nécessaire d'exiger des responsabilités précises, puisque tous les ministres appartiennent globalement au même camp. Selon ses proches, il aurait choisi un médecin, le Dr Ahmad Moussa, pour le représenter au ministère de la Santé, mais il serait aussi prêt à échanger ce portefeuille contre un autre. En d'autres termes, le duo chiite Amal et le Hezbollah voudrait absolument que le gouvernement soit formé au plus tôt. Le général Aoun aussi, mais il ne renoncera pas à ce qu'il considère être ses droits pour avoir un gouvernement à tout prix, alors que le Premier ministre Nagib Mikati semble le moins pressé, au grand dam du 8 Mars. Le plus étrange dans ce feuilleton gouvernemental, c'est que le 8 Mars est conscient qu'il perd de sa crédibilité et de son image de camp uni, en traînant ainsi dans la formation du gouvernement, alors que Mikati est convaincu que le temps joue en sa faveur et qu'il marque des points sur la scène sunnite en « résistant » aux exigences du 8 Mars. Certains de ses proches disent même qu'il pourrait songer à « avoir ses partenaires à l'usure », car - et c'est là un des rares points qui font l'unanimité des deux parties -, aussi bien Mikati que ses partenaires de la majorité savent que leurs destins sont liés dans la formation du gouvernement, ni Mikati ne peut se récuser ni le 8 Mars peut renoncer à ses services. D'autant que, dans le camp adverse, les proches de Saad Hariri ne cachent pas leur satisfaction, estimant que si le Premier ministre chargé des affaires courantes n'a pas assuré son retour au pouvoir, il a en tout cas rendu son remplacement difficile...
L'impression d'un progrès concret dans le processus de formation du gouvernement semble se confirmer. Les milieux proches du Premier ministre Nagib Mikati et ceux de la nouvelle majorité, toutes tendances confondues, sont unanimes sur ce sujet, même si leurs appréciations divergent. Les proches de Mikati annoncent la naissance probable du gouvernement dans les prochains jours, alors que les sources du CPL restent plus circonspectes. De l'avis des personnalités de la majorité qui suivent le dossier gouvernemental, Nagib Mikati reste une énigme. Il serait ainsi très difficile d'obtenir de lui une position claire sur n'importe quel sujet. Ce qui est sûr jusqu'à présent, c'est que les Libanais devraient avoir un gouvernement de 30 ministres, avec un représentant de ce qu'on appelle l'opposition sunnite, un autre du parti PSNS...
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