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Moyen Orient et Monde - Côte D’Ivoire

Ouattara obtient le soutien de l’armée

Alors que la mission qui l'attend s'annonce longue et ardue, de la réconciliation au retour à l'ordre, le président Alassane Ouattara a reçu, hier, le soutien du chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le général Philippe Mangou, ancien proche de Laurent Gbagbo. En ce qui concerne ce dernier, il serait toujours à Abidjan, contrairement à ce qu'avait annoncé l'ONU dans la soirée.

Dans certains quartiers d’Abidjan, la vie reprenait son cours, hier. Sia Kambou/AFP

Le président ivoirien Alassane Ouattara a pris hier les rênes d'un pays à la dérive. « Réconciliation », « Retour à l'ordre et au calme », « Espérance », les premiers mots de M. Ouattara après l'arrestation du président sortant, Laurent Gbagbo, qui refusait depuis quatre mois de quitter le pouvoir, ont exprimé sa volonté « de tourner une page ».
En écho, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a estimé que la Côte d'Ivoire disposait désormais d'une « occasion historique » pour promouvoir la réconciliation nationale, établir un gouvernement d'unité nationale et rétablir l'autorité de l'État. Ban Ki-moon a demandé à M. Ouattara d'éviter un nouveau « bain de sang » et des représailles.
L'appel à la réconciliation de Ouattara a au moins été entendu, hier, par le chef d'état-major de l'armée ivoirienne. Le général Philippe Mangou, ancien proche de Gbagbo, a en effet appelé, sur la station de télévision TCI acquise à Ouattara, toutes les forces de sécurité et de police à soutenir Alassane Ouattara, dont l'élection à la présidence a été reconnue par la communauté internationale. Plus tôt, la TCI avait annoncé que les anciens chefs militaires qui se sont battus aux côtés de l'ex-président Gbagbo avaient prêté allégeance au président Ouattara.
En ce qui concerne Laurent Gbagbo, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a demandé qu'il soit traité correctement, tout en jugeant que l'arrestation de l'ex-président offrait une chance de mettre fin à la longue crise en Côte d'Ivoire. En soirée, un porte-parole des Nations unies à New York, Farhan Haq, indiquait que Laurent Gbagbo a été emmené hors d'Abidjan, sans toutefois révéler où l'ancien président ivoirien avait été conduit. Haq a indiqué que les Casques bleus de l'Onuci avaient « participé au transfert (de Gbagbo) en un autre endroit de Côte d'Ivoire où il sera en sécurité » et qu'ils coopéraient « avec les autorités ivoiriennes pour faire en sorte qu'il continue d'être en sécurité ». Lundi soir, Ouattara a fait savoir que Gbagbo ferait l'objet de poursuites en Côte d'Ivoire.
Hier soir, des sources concordantes indiquaient aussi que Désiré Tagro, ex-ministre de l'Intérieur et proche de Gbagbo, est décédé mardi matin dans des circonstances encore troubles, au lendemain de son arrestation avec M. Gbagbo à Abidjan. Certains évoquaient un suicide, d'autres une agression.
Sur le terrain, la situation était toujours précaire. Des tirs d'armes lourdes ont retenti en fin de matinée à Abidjan dans les quartiers du Plateau (centre) et de Cocody (Nord), deux bastions de Gbagbo, ont indiqué plusieurs témoins. Alors que les Forces républicaines (FRCI) de Ouattara avouaient être débordées, les pillages battaient leur plein au nord de la capitale. « À une heure du matin, des individus armés sont arrivés à bord de plusieurs 4x4, ont défoncé le portail d'une maison, sont entrés et sont ressortis avec la télé, les appareils électroménagers, et même le véhicule 4x4 qui était garé », a raconté un résident du quartier de Cocody-2 Plateaux. La bataille d'Abidjan a précipité la capitale économique, dont la population est évaluée à quatre millions d'habitants, au bord d'une catastrophe humanitaire.
La situation humanitaire est également très difficile dans l'intérieur du pays, notamment dans l'Ouest où les combattants des deux camps ont été accusés par l'ONU et des ONG d'exactions. Quelque 536 personnes y ont été tuées depuis fin mars, la majorité à Duékoué, a indiqué hier le Haut-Commissariat de l'ONU aux Droits de l'homme. À Genève, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a nommé trois experts chargés d'enquêter sur les crimes commis depuis le scrutin présidentiel. Dans son premier discours télévisé lundi soir, Alassane Ouattara avait déclaré vouloir mettre en place une commission vérité et réconciliation « qui fera la lumière sur tous les massacres, crimes et autres violations des droits de l'homme ».
(Source : agences)
Le président ivoirien Alassane Ouattara a pris hier les rênes d'un pays à la dérive. « Réconciliation », « Retour à l'ordre et au calme », « Espérance », les premiers mots de M. Ouattara après l'arrestation du président sortant, Laurent Gbagbo, qui refusait depuis quatre mois de quitter le pouvoir, ont exprimé sa volonté « de tourner une page ».En écho, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a estimé que la Côte d'Ivoire disposait désormais d'une « occasion historique » pour promouvoir la réconciliation nationale, établir un gouvernement d'unité nationale et rétablir l'autorité de l'État. Ban Ki-moon a demandé à M. Ouattara d'éviter un nouveau « bain de sang » et des représailles.L'appel à la réconciliation de Ouattara a au moins été entendu, hier, par le chef...
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