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Moyen Orient et Monde - Côte D’Ivoire

Gbagbo hors jeu

Après quatre mois d'une crise sanglante, Laurent Gbagbo est tombé, arrêté dans sa résidence par les partisans de son rival Alassane Ouattara, appuyé par les forces onusiennes et françaises. En soirée, le président Ouattara a affirmé que le pays était « à l'aube d'une nouvelle ère d'espérance ». La page Gbagbo tournée, une lourde tâche attend néanmoins Ouattara qui doit remettre le pays sur ses pieds.

Laurent Gbagbo et son épouse, Simone, dans une chambre de l’Hôtel du Golf où ils ont été conduits après leur arrestation. Photo Reuters

Le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, a été arrêté hier à l'issue d'une offensive généralisée sur sa résidence à Abidjan des forces de son rival Alassane Ouattara, appuyées par les puissants moyens aériens et blindés des forces françaises et onusiennes. « Laurent Gbagbo a été arrêté par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) et conduit à l'Hôtel du Golf (QG du camp Ouattara) par les FRCI », a déclaré à l'AFP l'ambassadeur de France, Jean-Marc Simon.
M. Gbagbo, 65 ans, au pouvoir depuis 2000, s'est rendu vers 13h00 (locales et GMT) en compagnie notamment de son épouse Simone, considérée comme une « dure » du régime, et de son fils Michel, né d'un premier mariage. La télévision pro-Ouattara TCI a diffusé des images de l'ex-président en bonne santé mais l'air visiblement fatigué. D'autres images montrent son épouse Simone, décoiffée, l'air hagard. « Je souhaite qu'on arrête les armes et qu'on rentre dans la partie civile de la crise et qu'on conclut rapidement pour que le pays reprenne », dit M. Gbagbo dans de très brefs extraits sonores. Selon un témoin, les premiers mots prononcés à Gbagbo quand ses tombeurs sont venus le chercher ont été : « Ne me tuez pas ! » Toujours selon des témoins, lors de son arrivée à l'Hôtel du Golf, Simone Gbagbo a dû être protégée, des personnes tentant de la frapper et la traitant de « sorcière, guenon, escadron de la mort ».
L'ONU a annoncé que leur sécurité était assurée par des gendarmes de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et que la plupart des combats avaient cessé, même s'il restait « des poches de résistance ».
« Le cauchemar est terminé » pour les Ivoiriens a, pour sa part, déclaré sur TCI Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, qui a appelé au « ralliement » les forces restées fidèles à l'ex-président, promettant qu'il n'y aurait pas de « chasse aux sorcières ». M. Gbagbo « sera présenté devant la justice pour les crimes qu'il a commis », a de son côté déclaré à New York l'ambassadeur (pro-Ouattara) de Côte d'Ivoire auprès de l'ONU, Youssoufou Bamba. En soirée, Alassane Ouattara a déclaré qu'il demanderait au ministre de la Justice d'engager des procédures judiciaires contre Gbagbo.
L'arrestation de Gbagbo, au douzième jour de la bataille d'Abidjan, fait suite à des frappes intenses menées depuis dimanche après-midi par les hélicoptères de l'Onuci et de la force française Licorne sur la résidence présidentielle. Ces raids, ordonnés par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, visaient officiellement les armes lourdes du camp Gbagbo menaçant les civils, conformément à la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a reconnu lors d'une conférence de presse à Paris que « l'objectif (fixé) par la communauté internationale était de faire en sorte que le président élu puisse présider », décrivant l'engagement de l'Onuci et de Licorne comme « un soutien » à l'offensive des pro-Ouattara. Paris et l'ONU avaient toujours jusqu'alors insisté que leur mission n'était pas de renverser Laurent Gbagbo, qui n'a jamais reconnu sa défaite - pourtant certifiée par l'ONU - face à M. Ouattara à la présidentielle de novembre.
Alors que Toussaint Alain, représentant pour l'Europe du président sortant, a déclaré que Gbagbo « a été arrêté par les forces spéciales françaises et remis à des chefs de la rébellion », Paris a assuré que les forces spéciales françaises n'avaient en rien participé à l'arrestation. Le porte-parole de l'état-major à Paris a précisé que les soldats français avaient bouclé toutes les issues de la zone de la résidence présidentielle. Ceci aurait permis aux forces pro-Ouattara, qui avaient à plusieurs reprises depuis leur entrée dans Abidjan échoué à briser la résistance de leurs adversaires, de repartir à l'offensive.
Après l'arrestation, Nicolas Sarkozy s'est « longuement » entretenu par téléphone avec M. Ouattara, 69 ans, dont l'élection avait été reconnue par la communauté internationale.
Débarrassé de son éternel rival, Ouattara a aujourd'hui une nouvelle bataille à mener : il devra vite mettre fin au chaos que la guerre a installé dans Abidjan. Plus de quatre mois après le début de la crise post-électorale, l'ex-eldorado de l'Afrique de l'Ouest est plongé dans la pire tourmente de son histoire : des centaines de personnes ont été tuées, un million ont été déplacées, le système sanitaire est dévasté, et des jeunes en armes pillent et sèment la terreur dans Abidjan. Ouattara devra aussi faire oublier qu'il doit en partie sa victoire aux forces de l'ONU et de la France.
Le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, a été arrêté hier à l'issue d'une offensive généralisée sur sa résidence à Abidjan des forces de son rival Alassane Ouattara, appuyées par les puissants moyens aériens et blindés des forces françaises et onusiennes. « Laurent Gbagbo a été arrêté par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) et conduit à l'Hôtel du Golf (QG du camp Ouattara) par les FRCI », a déclaré à l'AFP l'ambassadeur de France, Jean-Marc Simon. M. Gbagbo, 65 ans, au pouvoir depuis 2000, s'est rendu vers 13h00 (locales et GMT) en compagnie notamment de son épouse Simone, considérée comme une « dure » du régime, et de son fils Michel, né d'un premier mariage. La télévision pro-Ouattara TCI a diffusé des images de l'ex-président en bonne santé mais l'air...
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