M. Dib, qui est favorable à un cabinet de 32 ministres où les minorités seraient représentées, a réaffirmé que le CPL doit être représenté, dans ce cabinet, par 12 ministres et se voir attribuer un portefeuille régalien, étant donné qu'il compte dans ses rangs 19 députés maronites.
Ironie
Parallèlement, M. Dib a ironisé avec mépris sur le zèle avec lequel certains veillent sur les intérêts du président de la République, affirmant : « On nous demande de faire des concessions. Les concessions sont faites pour la patrie, pas pour un camp politique, ni pour une personne, ou au bénéfice d'un inconnu qui n'a pas d'identité politique ou d'appartenance. »
Et de mettre en doute l'existence de « technocrates » au Liban, estimant que ceux-ci « ne sont autres que les centristes » et ajoutant que « tout cela a pour objectif réel de réduire la force populaire du général Michel Aoun et de rétrécir sa marge de manœuvre ».
« Au Liban, a précisé le député, il n'y a pas d'apolitiques, et les masques utilisés pour cacher l'identité politique d'une personne n'ont plus cours. C'est pourquoi il faut respecter l'article 95 de la Constitution, qui stipule que toutes les communautés doivent être représentées équitablement, et non pas nominalement. »
Baroud : un homme capable...
Cette problématique a été reprise par le député Ibrahim Kanaan, qui a nuancé l'affirmation selon laquelle le ministre de l'Intérieur a « échoué dans l'exercice de ses attributions ».
« M. Baroud est un homme capable, a dit M. Kanaan, mais il ne possède aucun appui politique, alors qu'un ministère comme celui de l'Intérieur l'exige. » M. Kanaan a également démenti que le CPL veuille le ministère de l'Intérieur en prévision des législatives de 2013. « Nous n'avons pas d'intérêts électoraux à réaliser par le biais du gouvernement, nous sommes porteurs d'un projet réformateur », a affirmé le parlementaire. Et d'ajouter : « Je comprends les appréhensions de M. Mikati, qui souhaite tranquilliser la rue sunnite ; mais le temps qui lui était imparti est fini et, moralement, il ne peut faire durer indéfiniment le processus de formation du gouvernement. »
Le climat régional
Pour Ziad Assouad (CPL), c'est un obstacle externe qui retarde la formation du gouvernement. Il a estimé que le Premier ministre désigné « n'a encore pris aucune initiative sérieuse, dans l'attente d'un climat politique régional bien précis ».
Toutefois, le parlementaire a affirmé que M. Mikati « ne peut faire durer ce jeu trop longtemps, et s'il a des intérêts financiers à ménager, ça le regarde ! »
Les demandes de Michel Aoun sont « des droits et non pas des conditions », a fait valoir M. Assouad, avant d'affirmer, en réponse à un journaliste, que « le chef de l'État ne pourra pas ne pas contresigner le décret de formation d'un gouvernement (monochrome) ».
« Nous pouvons agir de plusieurs manières, s'il ne le fait pas, par exemple soulever la question de son élection contraire à la Constitution », a menacé le député.
En somme, le processus de formation du gouvernement « n'en est pas à sa fin », comme l'a confirmé le député Michel Hélou (CPL), qui a refusé de commenter la nouvelle selon laquelle le portefeuille de l'Intérieur, que son courant dispute au chef de l'État, serait attribué à Georges Khoury, actuel ambassadeur du Liban au Vatican.
Pas de crise
Prenant le contrepied de ces affirmations, le bras droit de Nabih Berry, le député Ali Hassan Khalil, a démenti que « le processus de formation du gouvernement soit en crise ». M. Khalil a rejeté l'idée d'un gouvernement de 32 ministres avancée par certains membres du CPLet précisé que l'obstacle principal réside au niveau du portefeuille de l'Intérieur. Il a également affirmé que Damas « encourage l'accélération du processus, mais refuse de se mêler des détails de la formation du cabinet ».

