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Moyen Orient et Monde - Manifestation Prodémocratie

En Syrie, la révolte s’étend en dépit des gestes d’Assad

La Syrie a connu hier un vendredi particulièrement meurtrier, alors que des dizaines de milliers de personnes défilaient à travers le pays, en dépit des timides gestes d’ouverture du président Bachar el-Assad. Plus de 50 personnes auraient été tuées, dont 19 policiers, selon différentes sources, à Deraa, Homs et Harasta.

« Dieu, la Syrie, la liberté et c’est tout », peut-on lire sur cet énorme drapeau syrien porté par les Égyptiens, hier, place Tahrir. Les photos en provenance de Syrie étant rares, les manifestants du Caire ont voulu exprimer leur solidarité avec les opposants syriens en faisant passer leur message à leur manière. Misam Saleh/AFP

Des manifestations contre le régime du président Bachar el-Assad ont éclaté hier à travers la Syrie, alors que la contestation populaire entrait dans sa quatrième semaine.
La ville de Deraa, épicentre de la contestation contre le régime syrien, a connu un vendredi particulièrement meurtrier, avec plus de 19 morts selon une liste de noms citée par Ammar Qourabi, président de l'Organisation nationale des droits de l'homme. Selon lui, les victimes ont été tuées par balles ou asphyxiées avec les grenades lacrymogènes tirées par les forces de sécurité dans cette ville à 100 km au sud de Damas. « Des milliers de manifestants sont sortis de trois mosquées pour se rassembler sur la place devant le Palais de justice. Les forces de sécurité en civil ont tiré d'abord des grenades lacrymogènes puis des balles réelles et caoutchoutées pour les disperser alors que les manifestants leur lançaient des pierres », a affirmé un militant local des droits de l'homme. Les protestataires ont par ailleurs incendié un bâtiment du parti Baas au pouvoir et déboulonné une statue du défunt frère du président, Bassel.
« J'ai vu des flaques de sang et trois corps dans la rue ont été emmenés par des proches », a dit un habitant de Deraa. « Il y avait des tireurs sur les terrasses. Les blessés sont ramenés chez eux car personne n'ose plus amener un proche à l'hôpital dans ces circonstances », a-t-il ajouté. De nombreux manifestants redoutent d'être arrêtés dans un hôpital. La mosquée Omari de la ville a de nouveau été transformée en clinique de fortune et ses haut-parleurs diffusaient des appels en faveur d'une assistance médicale, ont dit des habitants.
Les autorités attribuent, quant à elles, les violences à des groupes armés et la télévision nationale a diffusé hier des images d'hommes cagoulés ouvrant le feu aussi bien sur des manifestants que sur des policiers à Deraa. La Syrie a interdit à d'autres médias de couvrir les événements à Deraa. Selon le ministère syrien de l'Intérieur, 19 policiers et membres des forces de l'ordre sont morts et 75 ont été blessés. Auparavant, il avait fait état de quatre policiers et d'un chauffeur d'ambulance tués, soulignant que « les policiers et les agents de sécurité avaient reçu des consignes fermes à ne pas porter d'armes ».

Homs, Harasta, Qamichli, Hama, Damas, Douma...
À Homs (160 km au nord de Damas), les versions diffèrent aussi. M. Qourabi fait état de deux manifestants tués par les forces de sécurité. En revanche, SANA parle de « centaines de blessés » à Homs, dont six membres des services de sécurité admis à l'hôpital militaire de la ville. « Des hommes cagoulés sur des motos ont tiré de manière indiscriminée sur des citoyens et des groupes armés ont brûlé des voitures de police et tiré sur des policiers et des agents de sécurité », assure SANA.
Des militants ont par ailleurs fait état de coups de feu hier à Harasta, à 12 km au nord de Damas. Plus de onze personnes ont été tuées, selon Mountaha al-Atrache, porte-parole de l'Organisation syrienne des droits de l'homme.
Dans le Nord, près de 7 000 personnes ont manifesté dans des localités à majorité kurde réclamant l'abolition de la loi d'urgence et la libération de détenus, selon Radif Moustapha, président du Comité kurde pour les droits de l'homme, au lendemain d'un décret du chef de l'État naturalisant des dizaines de milliers de Kurdes. À Qamichli, dans le nord-est du pays, de jeunes Kurdes scandaient : « Pas de Kurdes, pas d'Arabes. Le peuple syrien est un. Nous saluons les martyrs de Deraa. »
Plusieurs milliers de personnes ont également manifesté à Banias (Ouest) et un millier à Tal (20 km au nord de Damas), selon Abdel Karim Rihaoui, qui dirige la Ligue syrienne de défense des droits de l'homme.
À Hama, où des milliers de personnes avaient été tuées en 1982, les forces de sécurité ont fait usage hier de canons à eau et de bombes fumigènes pour disperser une manifestation d'environ 2 000 personnes, ont dit des habitants. Selon ces derniers, la manifestation se déroulait dans l'ancien quartier de la ville, qui fut rasé par les forces de sécurité lors du soulèvement de 1982.
À Douma, autre banlieue de la capitale qui a connu de grandes manifestations ces jours derniers, le réseau téléphonique était hors d'usage hier.
À Damas, un Occidental habitant le quartier de Kfar Sousseh a dit que la police et les partisans d'Assad avaient attaqué et matraqué des manifestants à la sortie de la mosquée Rifaï.
La Syrie est le théâtre depuis la mi-mars d'un mouvement de contestation sans précédent du régime de Bachar el-Assad. Plus d'une centaine de personnes - 171 selon Amnesty - ont été tuées dans la répression des manifestations et des dizaines arrêtées à travers le pays, selon des organisations de défense des droits de l'homme.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a « condamné le meurtre de manifestants par les forces de sécurité syriennes », appelant le gouvernement syrien à respecter la liberté d'expression et à des réformes politiques « sans délai ».
Le président du Comité de défense des droits de l'homme en Syrie, Aktham Nayssé, a appelé sur la chaîne al-Jazira à « un dialogue avec les autorités ». Le dirigeant d'opposition Maamoun al-Homsi a, pour sa part, réclamé une initiative internationale. « Des massacres sont perpétrés en Syrie. Le monde doit intervenir », a-t-il dit. « En Libye, (le monde) a agi et le peuple a des armes. En Syrie, ils ne sont pas armés. C'est un appel à la conscience des Nations unies. »
Dans la soirée, un appel sur Facebook a été lancé pour une nouvelle manifestation aujourd'hui dans l'ensemble du pays.
(Source : agences et rédaction)

Des manifestations contre le régime du président Bachar el-Assad ont éclaté hier à travers la Syrie, alors que la contestation populaire entrait dans sa quatrième semaine.La ville de Deraa, épicentre de la contestation contre le régime syrien, a connu un vendredi particulièrement meurtrier, avec plus de 19 morts selon une liste de noms citée par Ammar Qourabi, président de l'Organisation nationale des droits de l'homme. Selon lui, les victimes ont été tuées par balles ou asphyxiées avec les grenades lacrymogènes tirées par les forces de sécurité dans cette ville à 100 km au sud de Damas. « Des milliers de manifestants sont sortis de trois mosquées pour se rassembler sur la place devant le Palais de justice. Les forces de sécurité en civil ont tiré d'abord des grenades lacrymogènes puis des balles réelles et...
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