Michel Martelly, un chanteur populaire de 50 ans, succéderait, si ces premiers résultats sont confirmés, au président René Préval à la tête du pays le plus pauvre des Amériques pour un mandat de cinq ans. Sa victoire est inattendue dans la mesure où Michel Martelly ne s'était pas qualifié, dans un premier temps, pour le second tour. Mais la mise au jour de fraudes lui avait permis de prendre la place du candidat du pouvoir Jude Célestin pour affronter l'ex-Première dame et intellectuelle Mirlande Manigat. Elle n'est néanmoins pas une surprise tant l'homme qui a étudié aux États-Unis est populaire dans la rue, que ce soit à Port-au-Prince ou en province où son programme de réforme agricole a fait mouche.
Les États-Unis ont aussitôt salué ces résultats.
Quelques heures avant l'annonce officielle, le secrétaire d'État à la Sécurité publique, Aramick Louis, avait demandé aux candidats d'inviter leurs partisans « à ne pas manifester violemment dans les rues » quel que soit le résultat, de peur de troubles comme à l'issue du premier tour.
Les résultats préliminaires ont donné lieu à des explosions de joie à Port-au-Prince. À Pétion-Ville, sur les hauteurs de la capitale haïtienne, plusieurs centaines de partisans de « Tet kalé » (« crâne chauve » en créole, le nom de scène de M. Martelly) se sont rassemblés dans une ambiance bon enfant après l'annonce des résultats. La foule en liesse fêtait ces résultats dans le calme. Nombreux étaient ceux qui scandaient le nom de Michel Martelly.
En succédant à René Préval, Michel Martelly, dont la femme a joué un grand rôle dans la gestion de sa carrière et pendant sa campagne, va prendre la tête d'une administration amputée après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui avait fait près de 250 000 morts. Comme un symbole, le palais présidentiel détruit par le séisme n'a toujours pas été reconstruit.
Il trouvera aussi un pays qui fait face aux démons du choléra qui a fait près de 5 000 morts et à ceux de ses anciens présidents de retour d'exil. Le second tour a en effet été marqué par le retour en Haïti de l'ancien président Jean Bertrand Aristide après avoir été chassé du pouvoir et vécu sept ans en exil. Deux mois plus tôt, c'était l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier qui avait regagné le pays après 25 ans d'exil en France.
« L'annonce par le CEP des résultats préliminaires du second tour des élections constitue une autre étape importante alors que les Haïtiens avancent pour reconstruire leur pays », a déclaré lundi soir dans un communiqué l'ambassade américaine à Haïti.
(Source : AFP)

