Un soldat dissident porté à bout de bras par les manifestants, hier, à Sanaa. Mohammad Huwais/AFP
La version officielle, qui a fait état de trois morts, a en revanche mis en cause les militaires fidèles au général al-Ahmar qui tient tête au chef de l'État depuis qu'il a rejoint la contestation et qui a accusé par le passé M. Saleh d'avoir cherché ces dernières années à le tuer. Des soldats de la 1re division blindée et des miliciens de l'opposition « ont tiré sur les hommes de tribus (...), faisant des tués et des blessés », a affirmé l'agence officielle SABA.
Pas de suspension de l'aide militaire US
Depuis lundi, des heurts entre partisans du chef de l'État et des opposants ont secoué les villes de Taëz, Hodeïda et Sanaa, où des milliers de protestataires continuent de réclamer la fin du régime. Ces affrontements ont fait au moins 24 morts. Ce regain de violences a suscité des réactions dans le monde. Le Pentagone a assuré que les États-Unis n'ont pas l'intention de suspendre leur aide militaire au Yémen pour faire pression sur M. Saleh, tout en appelant à une « transition pacifique ». Londres a condamné la « violence aveugle » à l'égard des manifestants et appelé à des réformes et à des élections libres. Le ministère italien des Affaires étrangères a demandé à Sanaa de cesser toute forme de violence, condamnant « les épisodes récents de répression violente qui ont fait des victimes et des blessés ». La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a souhaité que le processus de transition au Yémen commence « maintenant ». Elle a souhaité une « transition politique ordonnée » qui permette de « résoudre la crise actuelle et d'ouvrir la voie aux réformes ». Et à Genève, la haute commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme, Navi Pillay, s'est dit alarmée par « l'usage disproportionné et excessif de la force » contre les manifestants.
De son côté, l'opposition s'est dit prête à entamer des négociations sous les auspices de l'Arabie saoudite pour organiser le départ du président Saleh, comme l'ont proposé les pays arabes du Golfe. « Nous acceptons l'invitation (à Riyad) et nous annonçons que nous participerons, mais seulement pour discuter d'un transfert de pouvoir », a déclaré un porte-parole de l'opposition, Mohammad Qahtan. Jusqu'ici, M. Saleh maintient qu'il ne peut céder le pouvoir que dans le cadre d'un processus constitutionnel ordonné.
(Source : AFP)


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