Une richesse animale qui attire nombre de touristes.
Mais la chasse, selon M. Boueiz, est devenue tellement bien organisée dans les pays développés qu'elle a perdu son caractère authentique et son sens d'aventure. « L'infrastructure de chasse est parfaite dans ces pays : les hôtels somptueux, les auberges, les châteaux de chasse, les armes à feu les plus sophistiquées, les munitions les plus adéquates, bref, tout le confort est assuré, précise-t-il. Mais très souvent, je refuse de tirer dans des pays pareils, puisque le gibier est très proche ; ce gibier accoutumé aux subventions alimentaires est devenu un gibier presque domestique ! Tirer alors sur un cerf à trente mètres ou un sanglier à quarante mètres dans ces conditions n'a aucune valeur. »
Quant aux pays non développés, la chasse est tellement primaire et inconfortable que tout le charme du défi en lui-même se voit annulé par la désorganisation. « Dans cette catégorie, le défi est là, la compétitivité est là, l'animal est vraiment sauvage et ne va jamais s'approcher de l'être humain à plusieurs centaines de mètres. Néanmoins, le problème réside dans le manque d'infrastructure : le logement est très primaire, les armes sont obsolètes et l'organisation laisse à désirer ! » poursuit M. Boueiz.
La Roumanie, quant à elle, se situe entre ces deux catégories, du fait que l'organisation de la chasse est développée mais n'a pas encore atteint un degré trop poussé qui élimine son caractère sauvage. « Ce qui fait qu'en Roumanie, la chasse est une chasse semi-sauvage qui assure une bonne moyenne de confort, de transport, de nourriture, de logement, avec la sauvagerie des animaux que demande un chasseur expérimenté. » La Roumanie dispose donc d'une infrastructure d'agences de voyages et de chasse assez bien organisée qui peut prendre en charge un chasseur de A à Z, sans pour autant que sa chasse soit trop programmée au point d'annihiler son effort, son défi et ses découvertes. « Les chasseurs font encore beaucoup de marche et déjeunent à la bonne franquette dans les belles forêts roumaines, souligne M. Boueiz. Vous trouverez les armes adéquates et les facilités qu'il faut sur base de législation très stricte en matière de chasse, de saison, du gibier etc. »
Une richesse animale incomparable
Mais ce n'est pas uniquement pour ces facteurs que les chasseurs libanais choisissent ce pays. Le président-directeur général de la Banque libanaise pour le commerce, M. Maurice Sahnaoui, est un chasseur de gibier à poil par excellence qui préfère la Roumanie aux autres pays de l'Europe centrale de par son unique environnement naturel et sa richesse animale incomparable. « Les oies qui cacardent transforment le ciel en lieu de symphonie, un spectacle fabuleux qu'on ne voit que dans le ciel de Roumanie, souligne M. Sahnaoui. Le côté sauvage au cours de la chasse se manifeste d'une manière plus forte dans ce pays. La différence entre la Roumanie et les autres pays réside dans le processus de chasse au cours duquel le guide de chasse accompagne le chasseur pour lui indiquer où est le gibier et l'aider à le trouver sans pour autant lui apprendre la chasse ou intervenir dans le choix du gibier ou dans le tir. » Cette authenticité dans la chasse a donc sa valeur et mérite d'être préservée, même si la Roumanie se développe ultérieurement en infrastructure d'accueil.
En outre, M. Sahnaoui a révélé encore un facteur de grande importance qui l'incite à chasser en Roumanie et qui n'est autre que le peuple roumain lui-même: « J'ai trouvé beaucoup de points communs entre nous, Libanais, et les Roumains du point de vue culturel, et je me sens à l'aise lorsque je chasse avec un Roumain, chose que je n'ai pas essayé de justifier. »
Les monastères ont aussi leur importance, dans le contexte de ce tourisme en Roumanie, selon M. Sahnaoui, puisque la plupart des chasseurs choisissent d'organiser leurs chasses dans ce pays pour admirer la splendeur de ces monastères qui embellissent encore plus les paysages.
Par ailleurs, M. Farès Boueiz a attiré l'attention sur la naturalisation du gibier en Roumanie à travers l'école de naturalisation d'animaux, un institut de très haut niveau qui apprend à traiter les trophées et permet par conséquent au chasseur qui a tiré un beau trophée d'or ou d'argent de le naturaliser selon les normes chimiques et scientifiques les plus sophistiquées avant de le transporter avec lui. Contrairement aux pays non développés, l'animal naturalisé en Roumanie ne nécessitera plus aucun entretien, ce qui est complémentaire pour un chasseur qui sera sûrement content de pouvoir transporter son « Marco Polo » dans son pays tout en le préservant dans les meilleures conditions.
Il est indispensable de mentionner aussi que la Roumanie a donné à la chasse toute sa splendeur culturelle scientifique, puisque l'Université de Bucarest comprend des sections qui enseignent les animaux et leurs vies, et les musées de chasse présentent les plus grands trophées du monde. Entre le minimum nécessaire d'organisation et de moyens, et le minimum nécessaire de naturel et d'aspect sauvage, le chasseur peut profiter au maximum de son séjour de chasse en Roumanie. À tous les amateurs et les professionnels, bonne chasse !


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